‹ S. Thomas d'AquinChapitre 150 sur 256 · Q. I, De Verit., art · texte numérisé non relu

Q. I, De Verit., art

le jugement, s'enrichit par le fait que les jugements ont le pouvoir de s'engendrer l'un l'autre, au moyen du raisonnement. Le raisonnement est une évolution de l'esprit, li a été défini curieusement par Isaac : La course d'une cause vers son effet. Il se compare à l'intelligence simple comme le mouvement au repos, et ainsi qu'en ce dernier cas, il a donc raison d'intermédiaire. Le mouvement vient du repos et tend au repos; car tout mouvement vient de l'immobile, (lr8 voie) et tout mouvement tend à l'immobile, c'est-à-dire à la tranquille possession de ce qu'il cherche. De même, le raisonnement procède d'une vérité acquise dans le sens d'une vérité à acquérir, mais qui sera possédée ensuite. Et> à partir de cette dernière, en rétrogradant, on pourra remonter à ce qui la fonde. De telle sorte que les principes, possession initiale de Yintellect, sont, par rapport à la raison, à la fois premiers et derniers : premiers dans l'ordre de génération, derniers dans l'ordre de résolution; premiers pour l'invention, derniers pour le contrôle ou jugement motivé des vérités nouvelles1.

Dire les moyens qu'emploie l'esprit pour arriver à bien juger en toute occurrence, ce serait étudier la logique. Partir en chasse pour capter les jugements eux-mêmes, c'est poursuivre la science. La logique est la science de la science (scientiae scientia) en même temps que science ellemême. Les autres se disposent, suivant le point de vue envisagé, à côté, au-dessus ou au-dessous d'elle.

En logique, saint Thomas suit généralement Aristote. Il y ajoute de son crû des explications plutôt que de nouvelles déterminations. Il n'est donc pas indispensable d'y insister si l'on veut simplement connaître l'apport de saint Thomas à la science.

i. Q. XV, De Yerit., art. 1; I'pars, q. LXXIX, art. 8.

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