Q. I, De Verit., art
le jugement, s'enrichit par le fait que les jugements ont le pouvoir de s'engendrer l'un l'autre, au moyen du raisonnement. Le raisonnement est une évolution de l'esprit, li a été défini curieusement par Isaac : La course d'une cause vers son effet. Il se compare à l'intelligence simple comme le mouvement au repos, et ainsi qu'en ce dernier cas, il a donc raison d'intermédiaire. Le mouvement vient du repos et tend au repos; car tout mouvement vient de l'immobile, (lr8 voie) et tout mouvement tend à l'immobile, c'est-à-dire à la tranquille possession de ce qu'il cherche. De même, le raisonnement procède d'une vérité acquise dans le sens d'une vérité à acquérir, mais qui sera possédée ensuite. Et> à partir de cette dernière, en rétrogradant, on pourra remonter à ce qui la fonde. De telle sorte que les principes, possession initiale de Yintellect, sont, par rapport à la raison, à la fois premiers et derniers : premiers dans l'ordre de génération, derniers dans l'ordre de résolution; premiers pour l'invention, derniers pour le contrôle ou jugement motivé des vérités nouvelles1.
Dire les moyens qu'emploie l'esprit pour arriver à bien juger en toute occurrence, ce serait étudier la logique. Partir en chasse pour capter les jugements eux-mêmes, c'est poursuivre la science. La logique est la science de la science (scientiae scientia) en même temps que science ellemême. Les autres se disposent, suivant le point de vue envisagé, à côté, au-dessus ou au-dessous d'elle.
En logique, saint Thomas suit généralement Aristote. Il y ajoute de son crû des explications plutôt que de nouvelles déterminations. Il n'est donc pas indispensable d'y insister si l'on veut simplement connaître l'apport de saint Thomas à la science.
i. Q. XV, De Yerit., art. 1; I'pars, q. LXXIX, art. 8.