Ibid., post med
de sorte que ce qui est présenté comme un bien, et qui ne serait pas un bien, n'en sera pas moins moteur. Aussi Aristote dit-il que ce qui meut à titre de fin, c'est le bien, ou ce qui apparaît comme bien1. Les conséquences morales et psychologiques de ce principe sont incalculables.
Il s'ensuit ultérieurement que la volonté pourra se porter vers l'être de raison comme vers l'être réel, vers la négation comme vers l'affirmation, vers l'avenir comme vers le présent, vers le néant comme vers l'être; tout cela, en effet, peut revêtir dans l'appréhension la raison de bien, et devenir moteur2. Au contraire, une tendance naturelle n'irait ni à l'avenir comme tel, ni à l'être de raison, ni au néant, parce qu'elle n'aurait alors nulle forme qui l'explique. La forme naturelle, en raison de laquelle l'être tend, lui est fournie par son milieu naturel, et l'on doit donc retrouver dans ce milieu ce qu'elle-même porte. C'est le sens métaphysique du principe : Desiderium naturae non potest esse inane, principe qui prend une force suprême, si l'on songe que le milieu naturel implique Dieu. Au contraire, le désir rationnel ou sens'ible a son explication immédiate dans la connaissance, c'est-à-dire dans ce qui apparaît, en tant qu'il apparaît, et, l'erreur ayant place ici, la garantie de nature devient lointaine. C'est pourquoi, quand on prétend conclure d'un désir à une réalité, il faut creuser au delà de l'appréhension, et jusqu'au désir de nature 3.
A. — LES ESPÈCES DAPPÉTIT.
Ayant distingué, dans l'homme, le pouvoir de réceptivité connaissante en sensibilité et intelligence, saint Thomas ne peut faire moins que de distinguer corrélativement l'appétit sensitif et l'appétit intellectuel. « La puissance appétitive est