‹ S. Thomas d'AquinChapitre 163 sur 256 · LA VOLONTÉ LE VOULOIR NÉCESSAIRE · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ LE VOULOIR NÉCESSAIRE

La volonté au sens propre est étudiée par saint Thomas avec un soin qu'expliquent suffisamment ses préoccupations morales. Aristote avait dit l'essentiel; mais avec une brièveté un peu courte. Le disciple surpasse ici de beaucoup le maître. La première théorie qu'il propose est relative à ce qu'on pourrait appeler le pivot de la volonté : l'immobile, qui sera à la base du mobile.

En effet, si la volonté est volonté, c'est-à-dire telle nature, elle est d'abord nature, comme l'œil, avant d'être œil, est une partie du corps. En tant que nature, la volonté doit avoir sa détermination : toute nature a la sienne. Or, que peut être une détermination, dans une nature tendantielle par essence? Ce ne peut être qu'une détermination de tendance. La volonté est un appétit : elle aura donc une appétition fondamentale, naturelle, nécessaire; le libre, s'il existe, viendra s'y insérer, sans l'abolir.

Par ce côté, la créature intellectuelle rentre dans le rang des autres êtres. Tout ce qui est, est déterminé en son fond; toute variation repose sur une essence1. Par ailleurs, la volonté étant proprement un appétit intellectuel, en ce qu'elle suit à la forme conçue par l'intelligence de la même manière que les propriétés du corps suivent à leur forme naturelle, nous devons conclure que la tendance

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