LA VOLONTÉ LE VOULOIR NÉCESSAIRE
La volonté au sens propre est étudiée par saint Thomas avec un soin qu'expliquent suffisamment ses préoccupations morales. Aristote avait dit l'essentiel; mais avec une brièveté un peu courte. Le disciple surpasse ici de beaucoup le maître. La première théorie qu'il propose est relative à ce qu'on pourrait appeler le pivot de la volonté : l'immobile, qui sera à la base du mobile.
En effet, si la volonté est volonté, c'est-à-dire telle nature, elle est d'abord nature, comme l'œil, avant d'être œil, est une partie du corps. En tant que nature, la volonté doit avoir sa détermination : toute nature a la sienne. Or, que peut être une détermination, dans une nature tendantielle par essence? Ce ne peut être qu'une détermination de tendance. La volonté est un appétit : elle aura donc une appétition fondamentale, naturelle, nécessaire; le libre, s'il existe, viendra s'y insérer, sans l'abolir.
Par ce côté, la créature intellectuelle rentre dans le rang des autres êtres. Tout ce qui est, est déterminé en son fond; toute variation repose sur une essence1. Par ailleurs, la volonté étant proprement un appétit intellectuel, en ce qu'elle suit à la forme conçue par l'intelligence de la même manière que les propriétés du corps suivent à leur forme naturelle, nous devons conclure que la tendance