‹ S. Thomas d'AquinChapitre 165 sur 256 · Cf supra, t. I, 1. I, ch. n · texte numérisé non relu

Cf supra, t. I, 1. I, ch. n

2. PII",q.X,art. 1, cum comment. Cajet., n°n; q. XXII, De Verit,, loc. cit.

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de la forme intelligible, il en suit naturellement les évolutions et les métamorphoses. Nous croyons à une conclusion à cause de notre adhésion au principe; ainsi nous poursuivons une lin à cause de notre attachement à une fin plus haute, qui joue à l'égard de la première le rôle de principe. Je veux sortir pour prendre l'air; prendre l'air pour me bien porter; me bien porter pour travailler ; travailler pour m'instruire ; m'instruire pour me faire un avenir, ou par amour de la science, ou pour autre chose. Nos motifs forment un arbre touffu; mais où il n'est pas de branche qui ne porte sur une autre, à moins qu'elle ne soit le tronc même. L'expression pour, ou à cause de, que nous employons, marque un conditionnement causal; la fin est une cause, et la première des causes, puisque c'est elle qui meut Yagent et, par son moyen, transmute la matière en y introduisant la forme.

Il s'ensuit que la thèse capitale de la régression noninfinie doit ici faire retour. Il faut une fin dernière, c'està-dire une chose que nous voulons d'abord, pour ellemême, et qui nous détermine à vouloir les autres. Sans cela, le premier terme d'un conditionnement étant déterminant à l'égard des autres, supprimer ce premier, c'est rendre tout indéterminé, c'est-à-dire tout jeter au néant, par défaut de raison suffisante. Aussi Aristote a-t-il dit que ceux qui introduisent l'infini dans cet ordre « ne s'aperçoivent pas qu'ils détruisent la nature du bien1 ».

D'ailleurs, la tradition philosophique et l'instinct populaire reconnaissent cette vérité en parlant de souverain bien ou de béatitude'1. Il faut donc dire que la béatitude est voulue naturellement et nécessairement, puisqu'elle est premier principe, et que le premier principe des attributions et des convenances, par rapport à une chose, se confond avec sa substance même 3. Que si, par conséquent,.

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