I llae, q. X, art. 1, cum comment. Cajet
SAINT THOMAS D'aQUIN. — T. II. 14
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pont entre les déterminations relatives au vouloir nécessaire et la question du libre arbitre. Il s'objecte (arg. 3) que si la volonté est nature, elle doit être déterminée ad unum, ce qui semble écarter toute idée de volonté libre.
On aime à voir notre auteur proposer lui-même et résoudre à sa manière géniale une objection qui arrêtera Kant, et avec lui les Éclectiques, les Écossais et les Néo-critiques, les écartant de l'idée d'une volonté-appétit, sous prétexte que tout appétit est nécessaire.
Or voici la réponse : La volonté est, en effet, déterminée ad unum, mais selon son ordre ; car la propriété de nature dont on parle doit se diversifier selon les natures. Or, il y a des natures individuelles, des natures spécifiques, des natures génériques. La nature animale n'est pas déterminée aussi strictement que la nature canine, ni celle-ci que la nature individuelle de tel chien. Or, la volonté, en tant que puissance immatérielle, est transcendante aux individus, aux espèces et aux genres, parmi ceux qui encadrent les objets de notre expérience. Elle se trouve à niveau du genre suprême, l'être, de sorte que Y unum qui lui correspond, à titre d'objet déterminateur, est l'être sous le rapport de l'appétibilité, c'est-à-dire le bien, comme à l'intelligence, pour la même raison, correspond l'être sous le rapport de l'intelligibilité, c'est-à-dire le vrai. Cette dernière considération a fait dire : L'Intelligence est d'une certaine manière toutes choses. Proportionnellement, on devra dire : La volonté enveloppe dans sa tendance de fond toutes choses. De là vient l'insatiabilité du désir humain; là se fondent nos destinées, et là aussi l'indétermination du vouloir à l'égard de tout objet qui n'est pas égal à l'être, autrement dit la liberté.
Partant de là, on peut espérer éclaircir le difficile problème du libre arbitre.