Q. III, De Verit., art. 8, ail 4ra
cette formule : « Ce qu'on ne voit point faire à la nature, c'est sans doute qu'elle ne le peut. » Ce qu'une telle pensée contient d'immobilisme à l'égard d'une organisation des choses où le statique cède partout au dynamique, lui apparaîtrait vite. Ne distinguant les plantes des animaux et les animaux inférieurs des autres que par l'organisation, dont l'a me vivante est l'acte [actus corporis organiciy-, apprenant d'autre part que les divers degrés d'organisation s'échelonnent dans le temps et non pas seulement dans l'espace, il ne répugnerait point à penser que sous certaines conditions, il ne puisse y avoir un passage naturel d'un degré à l'autre. L'unité de la matière et la permanence des agents supérieurs y prêteraient toujours, et l'on ne voit pas d'où pourrait venir l'obstacle.
Ceux qui ont prétendu s'opposer a pilori aux théories darwiniennes au nom de la philosophie thomiste ont donc commis une double faute. Ils ont oublié premièrement que nul a priori de ce genre n'a le droit de préjuger des recherches de la science. Ensuite, et c'est ici notre objet, ils ont mal interprété la philosophie thomiste, ne distinguant pas. en elle, ce qui est vraiment principe de ce qui n'est qu'adaptation de ces principes à des connaissances positives essentiellement révisables.
Pour saint Thomas, dit-on, l'espèce étant donnée par la forme, qui est idée, doit constituer un indivisible, et ne pas prêter à transformations, tout au moins à ces transformations insensibles que la plupart des évolutionnistes affectionnent et qui font, au vrai, évanouir la notion d'espèce2.
Mais une telle objection est facile à déjouer.
Il est vrai, l'espèce est donnée par la forme, et la forme, comme telle, est un indivisible. On en conclut régulièrement