II C. Génies, c. xviii
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actives dans le corps1. » Mais il y a aussi, chez l'animal, grâce à Y estimative, des éléments psychologiques supérieurs, qui pourraient faire croire à un pouvoir libre. On y observe, en effet, des jugements de valeur, des déterminations relatives à V utile — utile à soi ou à l'espèce — qui aident l'animal à faire sa vie d'une façon plus heu- Teuse — oa pourrait dire plus raisonnable — qu'en suivant simplement l'attrait sensible. De fait, on a dit que l'estimative est une certaine raison. Mais on a dit aussi que l'animal en bénéficie sans qu'elle lui appartienne2. La preuve qu'elle ne lui appartient pas, c'est que tous les animaux de même espèce en usent de même, et que d'ailleurs ils l'appliquent à des œuvres déterminées, non à d'autres : ainsi les abeilles n'ont d'industrie que pour faire des rayons de miel. Il suit de là qu'à y bien regarder, le jugement animal est à l'animal ce que le mouvement du corps brut esx au corps brut; il n'y a pas plus autonomie de jugement chez l'un qu'il n'y a autonomie de mouvement chez l'autre, bien qu'en toute vérité, le premier juge et îe second se meuve. « Car de même que le corps lourd ne se meut pas de telle façon qu'il soit cause de son mouvement, ainsi l'animal ne juge pas de telle façon qu'il soit cause de son jugement » ; la cause en est sa nature même, et à travers sa nature, Dieu. Il n'est donc pas maître de son arbitre; il n'est donc pas doué de libre arbitre3.
Qui en sera doué? — Celui qui est maître du jugement qui le mène. Et qui est maître du jugement qui le mène? Celui qui en peut juger, « car c'est seulement de ce que nous -pouvons juger que nous sommes maîtres. Or, juger de son jugement, cela appartient à la seule raison, qui réfléchit sur son acte ; qui connaît les relations de ce qu'elle juge et de ce par quoi elle juge. D'où il suit que toute la racine de la
t. De Fato, art. 2.