‹ S. Thomas d'AquinChapitre 176 sur 256 · lùul., art. 1, lin · texte numérisé non relu

lùul., art. 1, lin

les êtres qui se meuvent eux-mêmes, procède du jugement par lequel une chose est jugée bonne ou convenable par 3a forme susdite. Si donc l'être qui juge doit se mouvoir à son jugement même, il faut que ce soit par le moyen de quelque forme plus élevée (per aliquam altiorem formam apprehensam) et cette forme ne peut être que la notion même du bien ou du convenable, par laquelle il jugera de tel bien ou de tel convenable en particulier. Ceux-là donc seulement se meuvent au juger, qui atteignent à la notion commune du bien et du convenable, à savoir les êtres intellectuels1. »

Nous savions déjà que ce qui distingue l'homme doué de volonté rationnelle de l'animal doué seulement d'appétit sensitif, c'est que le premier porte en soi la notion de bien, ou d'appétible, en son absolu, au lieu de l'atteindre seulement comme incarnée dans des objets bons ou délectables. Le moment est venu d'utiliser cette doctrine.

Le jugement d'où procède le choix est précédé d'une délibération (consilium) . Celle-ci consiste en un raisonnement plus ou moins explicite chez le sujet, mais qui, analysé, donne lieu à ce que saint Thomas appelle, après Aristote, le syllogisme pratique. Ce syllogisme a comme majeure cette volonté naturelle du bien qu'on a appelée le pivot de l'âme ; comme mineure, l'attribution à tel ou tel objet, ou acte, de la notion de bien qui seule, en nous, est maîtresse; comme conclusion, le jugement de convenance actuelle qui va déterminer le vouloir. Exemple :

Ce qui est à vouloir, c'est le bien.

Or tel acte, tel objet, actuellement et toutes choses considérées, c'est le bien.

Donc tel acte, tel objet, actuellement et toutes choses considérées, est à vouloir.

D'après les précédentes déterminations, la majeure ni la conclusion de ce syllogisme ne comportent, prises à

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