lla% q . XVII, art. 1, ad a
un bien partiel, n'a rien qui nécessite la volonté. Celle-ci, sous l'influence de ce jugement, demeure libre d'adhérer ou non, et elle n'a pas besoin pour cela de motif. Il s'ensuit, à leurs yeux, qu'en face de deux biens, dont l'un est représenté dans le dernier jugement pratique comme inférieur à l'autre, la volonté peut choisir le moindre.
Mais saint Thomas s'est nettement interdit ce chemin. Sa théorie générale de la volonté ne permet pas qu'on dise : L'esprit va dans un sens, l'appétit va dans l'autre. La volonté est un « appétit rationnel » : il ne se peut pas que son mouvement soit contraire à ce que dit finalement la raison. La forme selon laquelle la volonté agit, ce qui la détermine comme pouvoir, c'est le bien l : il ne se peut pas que ce qui est présenté finalement comme bien ne joue pas son rôle déterminateur et n'entraîne pas à l'acte. Et comme le meilleur, comparé au moins bon, a raison de bien tout court; comme le moins bon, pris comme tel, a raison de mal, et que l'également bon s'annule, aucun de ses termes n'ayant le pouvoir de déterminer la volonté contre l'autre, on voit que saint Thomas ne peut pas se ranger parmi les tenants de la liberté d'indifférence.
Ce qui semble tromper ceux-ci, c'est qu'ils se représentent l'intelligence et la volonté comme deux êtres constitués à part, et ils croient pouvoir dire : L'intelligence propose; la volonté dispose. Mais un tel anthropomorphisme ne peut avoir saint Thomas pour dupe2. L'intel-