‹ S. Thomas d'AquinChapitre 185 sur 256 · Loc. cit., init · texte numérisé non relu

Loc. cit., init

228 SAINT THOMAS d'aQUIN.

partient de faire retour sur elles-mêmes : d'où tant la volonté que l'intelligence se réfléchissent sur soi, et l'une sur l'autre, et sur l'essence de l'âme, et sur tous ses pouvoirs. L'intellect ne conçoit pas seulement les objets du dehors; il se conçoit lui-même, et la volonté, et l'essence de l'âme et toutes ses puissances. De même, la volonté ne veut pas seulement les objets du dehors ; elle veut vouloir, et elle veut que l'intelligence conçoive, et elle veut l'essence de l'âme, et ainsi du reste. Mais quand une de ces puissances se porte sur l'autre, elle s'y porte selon sa propriété à elle : ainsi l'intellect, quand il comprend que la volonté veut, le fait en concevant l'idée de vouloir, et, à son tour, la volonté, quand elle se porte sur les autres pouvoirs de l'âme, s'y porte comme sur des choses à qui convient le mouvement et l'opération, et elle incline chacun à son acte propre '. »

Ainsi donc, quand on envisage les mouvements de l'âme du côté du sujet de l'acte et quant à l'exercice, c'est la volonté qui est en nous moteur premier, même de soi; mais si l'on regarde aux objets qui spécifient l'acte, c'est l'intelligence qui est en nous moteur premier, même de la volonté. Et la raison en est que l'appétit du bien nous meut même à penser; mais que l'appétit du bien ne peut passer à l'acte à l'égard d'un objet s'il n'est représenté en nous, et c'est l'intelligence qui l'y apporte.

La généralité de cette doctrine est frappante. Dans sa psychologie, saint Thomas ne fait qu'appliquer les données de sa cosmologie et de sa métaphysique générale.

S'il y a de l'activité dans la nature, cela tient à la fin, ou au bien; s'il y en a en nous, c'est pour la même raison; c'est parce que nous avons un but à poursuivre. Et cela est vrai de l'activité intellectuelle comme des autres; caria connaissance est aussi un but, et son résultat un enrichissement d'être. Mais si l'activité de la nature prend tel chemin, la raison en est bien sans doute la fin qu'elle poursuit,.

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