‹ S. Thomas d'AquinChapitre 195 sur 256 · Cf. supra, 1. V., ch. iv, I · texte numérisé non relu

Cf. supra, 1. V., ch. iv, I

4. Hoc ipsum quod ratio inovet imperando est ei ex virtute roluntatis (I* II", q. XVII, art. 1.

246 SAINT THOMAS DAQUIX.

tances de fait qui concernent le sujet et l'objet, hic et mine. Bref, l'appétit suit l'intelligence en acte de jugement practico-pratique, c'est-à-dire appliqué effectivement à l'opération intérieure, c'est-à-dire impératif1. -

Étant donné cette conclusion, on peut se rendre compte que la spécification de l'acte volontaire par l'intelligence ne peut pas aboutir au déterminisme.

Pour qu'il y eût déterminisme du fait de l'intervention de l'intelligence dans le vouloir, il faudrait d'abord que l'intelligence fût déterminée indépendamment du vouloir à juger bon et convenable l'acte que son influence dirige. Si, au contraire, l'intelligence ne se détermine, quant à son jugement ultime et pratique, que sous la dépendance du vouloir, il est clair qu'elle ne saurait, à elle seule, nécessiter l'acte.

En matière contingente, l'intelligence ne se détermine, à l'égard de son objet propre, que sous une influence volontaire. Or, le jugement pratique, tel qu'on vient de le définir, c'est du contingent par excellence, puisque la nécessité est dans le droit, et que le jugement pratique est relatif au fait; puisque le nécessaire vient de la forme, et que le jugement pratique implique le sujet, qui est irréductible à la forme ; puisque l'intelligibilité incluse en chaque chose n'épuise pas la chose; que l'idéal est inadéquat au réel, et que le jugement pratique est relatif à la réalité des actes et des choses.

Déjà le jugement spéculativo-pratique, tel que la science morale ou la conscience subjective le portent, est un jugement à matière contingente, et, à ce titre, dépend dans une mesure du vouloir. On se fait, pour une part, la théorie qu'on veut, « parce qu'en matière opérable, une foule de considérations interviennent, en raison de chacune desquelles quoi que ce soit a une chance d'être jugé bon2. »

On reconnaît l'analyse de Pascal : « La volonté est un

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