‹ S. Thomas d'AquinChapitre 196 sur 256 · In III Ethic, lect. xm, med · texte numérisé non relu

In III Ethic, lect. xm, med

LE LIBRE ARBITRE. !i47

des principaux organes de la créance. Non qu'elle forme la créance; mais parce que les choses sont vraies ou fausses selon la face par où on les regarde. La volonté, qui se plaît à l'une plus qu'à l'autre, détourne l'esprit de considérer les qualités de celle qu'elle n'aime pas avoir; et ainsi, l'esprit, marchant d'une pièce avec la volonté, s'arrête à regarder la face qu'elle aime, et ainsi il en juge par ce qu'il voit '. »

Il en est bien autrement, quand il s'agit déjuger non plus comme dans l'universel, et avec l'apparent désintéressement de la spéculation pure (quasi speculativa quadam consideralione) 2, mais en vue de l'action, ou, pour mieux dire, dans l'action même (quasi practica cognitione, per comparationem ad opus). Ici, la contingence éclate ; car les aspects sous lesquels peut se présenter au jugement pratique un bien particulier quel qu'il soit, sont véritablement en nombre infini.

Nous ne sommes plus, ici, en face d'unsujet et d'un objet hypothétiques, dont l'essence rationnelle semblerait, de soi, devoir laisser prise à la raison pure; qui ne lui échappe qu'accidentellement, parce que le probable, en fait, n'a pas laissé découvrir ses vraies causes. Ici, ce sont les causes mêmes qui se dérobent : elles s'enfoncent dans l'inconnais-

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