‹ S. Thomas d'AquinChapitre 202 sur 256 · Cf. supra, ch. u, cire. fin · texte numérisé non relu

Cf. supra, ch. u, cire. fin

Toutefois, comme le vouloir a été donné à l'homme pour tout l'homme, c'est-à-dire en vue de réaliser sa fin, qui est son bien; comme d'autre part l'homme est une nature complexe, et que sa nature doit se retrouver dans sa iin, il suit de là que le bien recherché par l'homme sous le nom de béatitude, revêt des conditions qui, reconnues telles, doivent incliner la volonté aussi naturellement que la béatitude elle-même1. L'homme peut-il être heureux sans vivre; sans connaître, sentir, vouloir; sans se lier avec ses semblables? Ces conditions foncières du bonheur humain ne peuvent donc pas être répudiées vraiment. Quiconque prétend les fuir ne l'ait, d'ordinaire, que les rechercher sous de meilleures formes. L'ascétisme absolu est un vaincu apparent qui prépare en secret sa revanche.

Ce n'est pas une raison pour que, dans des cas spéciaux, une aberration de l'esprit ne puisse faire dire : Non, à des objets qui ont naturellement l'adhésion de l'âme. Le naturel est ce qui a lieu « ut in pluribus », et nous savons que la nécessité naturelle e.st conditionnelle. Si l'homme comprend son bien — et il le comprend, d'ordinaire, quant à ses conditions fondamentales — il doit vouloir nécessairement (d'une nécessité naturelle) vivre, connaître, sentir, se lier, etc., comme il veut, d'une nécessité absolue, cette fois, et métaphysique, la béatitude elle-même. A l'égard de c^lle-ci, dès que l'on comprend ce qu'elle est, il ne peut plus y avoir d'aberration du jugement pratique, attendu que sa notion enveloppe cela même que voudrait lui opposer une volonté en mal de révolte.

Mais il est d'autres dispositions qui, pour ne pas être naturelles à l'homme en tant qu'homme, n'en peuvent pas moins être naturelles à l'individu agissant, en raison de sa complexion personnelle. L'hérédité est un fait; les hasards de la génération en sont un autre. Nous savons que saint Thomas y ajoutait les influences astrales2, c'est-à-dire, à un

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