Cf. q. XXIV, De Verit., art. 1, ad
point de vue plus moderne, les activités générales qui interviennent dans la génération, puis dans l'activité de l'homme. Toutes ces dispositions ont leur influence dans le jugement pratique, puisque le pratique, il ne faut pas se lasser de le répéter, est relatif au réel en son individualité ultime, donc revêtu de toutes ses circonstances de fait, et que le jugement pratique de convenance signifie donc que l'objet, tel qu'il est en fait, est le bien du sujet, tel qu'il est en fait. Si donc, en fait, le sujet est, par exemple, disposé à la colère, ou à la volupté, ou au mensonge, il s'ensuivra que la vengeance, la jouissance, le mensonge pourront, dans le jugement pratique, jouer le rôle du bien. Ils tendront à le jouer d'une tendance quasi naturelle. J'emploie ce mot avec précaution, parce que, dans le langage de saint Thomas, le naturel est relatif à la nature spécifique; ce qui est individuel est référé à la matière, qui n'est nature que secondairement, en dépendance de la forme1. Toujours est-il qu'il y a tendance, et si l'homme laisse agir en lui la nature sensible, son jugement pratique, n'ayant égard qu'au bien de la nature sensible, qualifiera bon et convenable tout court ce qui n'est bon et convenable qu'aux sens.
C'est alors l'univers physique qui agira pour l'homme, puisque les dispositions auxquelles il obéit relèvent des <( astres », des accidents de génération, des qualités physiques des ancêtres, c'est-à-dire, toujours, du cosmos. L'homme se sera livré au déterminisme ; il aura agi en animal, et aura réalisé le mot de la Bible : « L'homme, étant en honneur, ne l'a pas compris ; il s'est mis au rang des animaux sans raison et il est devenu leur semblable2. »
Pouvait-il l'éviter? Oui, à la seule condition que sa raison fonctionne. Si sa raison est liée, ne trouvant plus, clans un corps désorganisé, les conditions de son exercice, alors, la volonté, puissance du bien abstrait, ne peut plus entrer