In Ps. xlyiii
en ligne ; la norme de l'action humaine ne peut plus être comparée, pour le vaincre, au bien essentiellement particulier qu'est le bien physique. Le déterminisme agira seul; l'homme choisira comme l'animal, d'un choix imposé, ce qui veut dire que, selon la propriété des termes, il ne choisira point, et le libre arbitre n'aura pas été en cause1.
Si, au contraire, la raison intervient, et dans la mesure où elle intervient, apportant avec elle sa norme, elle pourra constater le caractère relatif du bien sensible, et le jugement pratique pourra bien être encore incliné, avec plus ou moins de véhémence, dans le sens passionnel ; mais il ne sera plus déterminé d'une façon fatale.
Enfin, il est des dispositions qui ont pour sujet non plus les organes corporels et les pouvoirs sensibles de l'âme, mais la volonté elle-même, en ce que des actes répétés créent dans le sujet volontaire une inclination à des actes semblables. Une volonté que meut habituellement la raison prend le pli de la raison ; une autre, qui obéit habituellement à la passion, prend l'allure de la passion 2.
On remarquera que, pour saint Thomas, aucune innéité, aucune hérédité n'est admise ici. Ce qui est héréditaire est charnel, puisque la génération est œuvre de chair, et que l'âme vient d'une causalité plus haute. Rien de créé ne peut « imprimer » directement dans l'âme3. Par ailleurs, l'innéité des dispositions de l'âme renverserait toute la philosophie de l'individuation, qui, dans le thomisme, est fondamentale4. L'âme est créée tabula rasa au point de vue de la volonté comme au point de vue de l'intelligence. Recevant des sens ses idées, elle en reçoit aussi indirectement ses inclinations 5, et il est aussi mystérieux, mais non pas plus, qu'il se crée, par l'action, des dispositions de