Cf. sierra, t. I, 1. 1, ch. m, C
5. « Alteratio autem quae fit de Titioin virtutem, vel de ignorantia ad scientiam attingit ad partem intellectivam per accidens, per se existente transmutatione in parte sensitiva. » Q. XXVI, De Verit.., art. 3, ad. 121D.
SAINT THOMAS D'aQUIN. — T. II. 17
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rame voulante appelées habitudes morales, et qu'il se crée, dans l'âme pensante, des dispositions appelées idées on sciences. Le fait, en tout cas, est là. Que de fois nous ne voulons qu'après avoir agi, comme nous ne pensons qu'après avoir parlé, comme nous n'aimons sensiblement qu'après avoir donné de nous-mêmes!
Or ces dispositions de l'àme nous font tels, et nous rejettent donc sous l'empire de la loi : tel on est, tel vous apparaît le but à poursuivre. D'où la définition d'Aristote : « La vertu est ce qui nous rend bons, et qui par là rend bonnes nos œuvres l ». La vertu ou le vice prédisposent le jugement pratique à se produire en un certain sens, comme y prédisposait la passion sensible. Il y a seulement une grande différence de degré; car les dispositions de l'âme voulante sont plus stables que les dispositions charnelles., et elles ne se laissent pas écarter de même {facilius removetur passio quant habitus 2). Leur ampleur est aussi plus large, et la portée de leur action plus lointaine, en ce que la passion, étant d'ordre sensible, porte à juger de l'objet dans le présent et quant au présent (prout nunc) ; au contraire, l'habitude porte à juger comme dans l'absolu [simpliciter et secundum se ; secundum rationem finis). L'homme qui agit par passion est semblable au marchand peureux qui, en tempête, jette de suite à la mer des marchandises qu'il voudrait pourtant conserver. Le vicieux de volonté a perdu l'estime de l'objet et le souci de la conservation des biens de l'âme 3.
Il est intéressant de noter qu'aux divers motifs invoqués ici pour expliquer que le jugement pratique se porte sur une condition de l'objet plutôt que sur une autre, correspondent, dans la morale de saint Thomas, les diverses conditions de l'âme relativement au bien et au mal. Il n'y a qu'une façon d'être bon : obéir à la raison (c'est le pre-
î. Ethic. Nie., II, 5, 1106*, 14. Cf. S. Th., III Ethic, lect. x, cire. fin.