I* IIa\ q. XIII, art
2G2 SAINT THOMAS 1) AQUIX.
nouvelles qui en particularisent l'iatluence. Mais le corps ne meut point l'àme sans l'âme, puisque les pouvoirs qu'il exerce pour agir lui viennent d'elle, l'idée vitale étant le principe premier de la constitution du corps.
Au fond, et nous l'avons dit, ces deux propositions analytiques : L'âme meut le corps ; le corps meut l'âme, trouvent leur signification vraie en celle-ci : Le corps animé se meut lui-même l. Il y a là un cercle aussi; mais la réalité en triomphe, et la pensée s'y retrouve en distinguant les divers rapports sous lesquels l'âme et le corps sont ainsi en dépendance mutuelle. Il en sera de même en notre cas, et si l'on poussait un peu loin la comparaison, on y trouverait de grandes lumières, pour cette raison que les principes engagés ici et là sont les mêmes.
On dit ici que la volonté ne passe à l'acte que selon la détermination de l'intelligence, parce que la détermination vient de la forme, et c'est l'intelligence qui introduit en nous la forme. Ainsi l'âme, forme du corps, meut le corps en déterminant la finalité que les activités corporelles exécutent.
On dit en second lieu qu'en matière contingente, l'intelligence ne se détermine pas seule, et ne détermine donc pas seule non plus l'acte volontaire, je dis au point de vue spécification : les dispositions du sujet y confèrent. Ainsi l'âme, qui meut le corps en spécifiant son acte, c'est-à-dire en déterminant la courbe vitale, voit pratiquement ses déterminations conditionnées par les dispositions corporelles.
Enfin, l'on ajoute que parmi les conditions du sujet qui influencent la spécification de nos actes volontaires, toutes sont relatives, excepté une, qui est le vouloir même en son fond insondable. Ainsi les conditions imposées au fonctionnement vital par les dispositions corporelles sont contingentes, et ne relèvent absolument, à travers toutes les explications relatives qu'on en peut fournir, que de l'indétermination de la matière pure.