Cf. supra, ch. m, A, cire. fin
26i SAINT THOMAS d'aQUIN.
valeur qui se disputent l'acte, puisque le choix lui-même est jugement, incluant une face lumière. Et pas davantage on ne vaà l'infini dans le conditionnement des actes, puisqu'on s'arrête « aux pouvoirs suprêmes qui se réfléchissent sur soi et l'un sur l'autre ! », et qu'il n'est donc pas nécessaire, arrivé au vouloir jugé, de chercher à le faire juger par autre chose; ni, arrivé au jugement voulu, de trouver autre chose qui le veuille.
Le libre arbitre se présente, aux yeux de saint Thomas, comme un pouvoir à la fois multiple et un [colligit plures potentias virtualiter). « En effet, dit-il, tous les pouvoirs de l'âme ont leur origine dans son essence, et sont comme ses propriétés essentielles. Mais dans cette filiation, il y a un ordre, tellement que l'origine d'une puissance suppose celle de l'autre, et d'une certaine manière procède par elle du fond commun de l'âme. Et cela se voit à leurs actes; car l'acte d'une puissance suppose parfois nécessairement l'acte de l'autre : ainsi l'acte de la puissance appétitive suppose l'acte de la puissance appréhensive. De là , il suit que, comme la vertu de l'essence de l'âme se retrouve dans chaque puissance, ainsi la vertu d'une puissance plus lointaine se retrouve dans la plus immédiatement active. De là vient qu'un pouvoir comme le libre arbitre peut en réunir en soi plusieurs. Le choix, en effet, qui est son acte propre, suppose le discernement et le désir; car choisir, c'est réaliser une option. Or ces deux choses ne peuvent se faire sans qu'intervienne le double pouvoir de la volonté et de la raison. Il est donc clair que le libre arbitre réunit l'influence de la volonté et de la raison, et c'est pourquoi il est dit une faculté de l'un et de l'autre2. »
Dans ces dernières paroles, saint Thomas fait allusion à la « sentence » qu'il commente, et d'après laquelle le libre arbitre se définit facultas rationis et voluntatis. Ailleurs, il rappelle et donne comme équivalentes ces deux autres