‹ S. Thomas d'AquinChapitre 213 sur 256 · Q. II, De Malo, arl. 9; P II", q. LXXVII, art · texte numérisé non relu

Q. II, De Malo, arl. 9; P II", q. LXXVII, art

LE LÏDRE ARBITRE. 267

corps, il ne précède ni ne suit : il est élément de synthèse. Après avoir ainsi noué nos pouvoirs l'un à l'autre, les avoir complétés l'un par l'autre, de façon à expliquer le tout de Faction : sa face lumière et sa face exercice; sa détermination de fait et son indétermination de droit, il n'y a plus à chercher autre chose. De même qu'on ne demande pas ce qui fait voir l'intelligence, ainsi il ne faut pas demander ce qui fait vouloir la volonté. Quant à leur acte propre, ou mieux, quant à ce qui revient à chacune, dans cet acte commun qui est le vouloir éclairé, le jeu de nos facultés n'a d'explication que leur nature même. « Que la volonté garde le domaine de son acte, elle tient cela de sa nature, en tant que telle puissance, ne dépendant finalement que d'ellemême \ » L'homme peut obéir à divers motifs; il doit obéir aux motifs rationnels, en ce qu'ils tendent à réaliser sa fin et, par elle, l'ordre divin des choses. Mais qu'il se décide en un sens ou dans l'autre, il ne faut pas en chercher de raison autre que le vouloir même2. « Quand l'âme, dit subtilement Augustin, se comman.de ultimement (perfectè) à elle-même de vouloir, déjà elle veut4. »

Il ressort de là, en second lieu, que si l'on veut préciser tout à fait, il ne faut pas laisser au même plan les deux appellations qu'on appliquait à l'acte libre en disant : C'est un jugement voulu; c'est un vouloir juge'. L'acte libre est, à la vérité, ces deux choses, mais non pas ex aequo. Aristote, qui a défini, lui aussi, l'acte de choix « une intellection appétitive ou un appétit intellectuel 4 » semble pencher vers cette dernière appellation comme vers la plus exacte. A y bien réfléchir, cette préférence hé-

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