‹ S. Thomas d'AquinChapitre 214 sur 256 · VIII, Confess., c. ix, med · texte numérisé non relu

VIII, Confess., c. ix, med

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2G8 SAINT THOMAS d'aQULV.

sitante ne suffît pas; il faut déclarer « manifeste » que l'acte de liberté est substantiellement un acte de volonté, mais en tant que la volonté est liée à la raison qui dirige ses actes, comme, dans le cas du composé humain, la marche est un acte du corps, mais en tant que le corps est lié à l'âme qui dirige les actions vitales. « Toutes les fois, en effet, que deux éléments concourent pour former une unité, il est inévitable que l'un ait raison de forme par rapport à l'autre. » La forme de l'acte libre, on l'a suffisamment montré, c'est le jugement qui l'imprègne; sa matière, c'est le vouloir où, à son tour, il trouve des conditions qu'il subit. Or, la substance de l'acte doit se prendre, ici, du côté de sa matière, puisque ce qui est dirigé et orienté par autrui est matière, par rapport à ce qui lui impose un ordre *. Dailleurs, l'objet du choix est proprement le bien ou le mal, ce n'est pas le vrai ou le faux; or l'objet caractérise l'acte, et dit de quel pouvoir il procède2. Enfin, à regarder le choix sous la lumière des analyses précédentes, on se rend compte qu'il consiste dans « l'acception ultime de son objet » (ultima acceptio qua aliquid accipitur ad prosequendum 3). L'âme cueille, si l'on peut ainsi dire, parmi les diverses attitudes proposées, celle que son choix consacre. Or, cela n'est pas proprement acte de raison, mais de volonté, puisqu'il est avéré que tout le poids de la délibération, quel qu'il soit, n'entraine point l'acte, et que le jugement d'élection ne l'entraîne qu'en raison de ce qu'il emprunte à la volonté. C'est donc bien à celle-ci qu'il convient d'attribuer principalement l'acte, bien que, pour le produire, elle s'imprègne de raison, et que, sous son influence, la raison pratique dise, désormais, non pas : Ceci est bon; mais : Ceci est le meilleur [utilius ad finem1*). C'est ce qu'on entendait noter en disant que l'ordre de

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