Ibid
spécification et l'ordre d'exercice se recouvrent partiellement sur le terrain de la volonté.
Mais s'exprimer ainsi, ce n'est pas contredire l'unité synergique où git l'essence du libre arbitre. Il faut le répéter encore, la volonté est ici le corps qui exécute ; l'intelligence est l'âme qui oriente, mais d'une orientation « politique » (politico principatu), c est-à-dire en subissant les conditions de ce qu'elle mène. L'acte de liberté part des profondeurs du sujet sachant et voulant ; il est acte de vie, et comprend donc, en son unité, ce que le découpage analytique des facultés morcelé. Il est des occasions, dit un commentateur, où il faut parler de facultés ; d'autres où il faut parler seulement de l'homme. Aussi est-ce à bon droit qu'Aristote termine la phrase que nous citions par un appel à l'unité synthétique du sujet humain, qui est ici le mot suprême : « Le choix est donc ou une intellection appétitive ou (mieux) un appétit intellectuel, et le principe qui choisit ainsi, c'est l'homme. »
F. a. — Contingence naturelle et liberté humaine .
Il ressort, enfin, de la comparaison de notre cas avec celui de l'âme et du corps, de la forme et de la matière, que les racines de la liberté et celles de la contingence se correspondent 1 .
Les produits de la contingence sortent des profondeurs insondables de la matière; ceux du libre arbitre sortent des profondeurs également insondables de la volonté rationnelle, qui est un infini de pouvoir. De même que, pour exclure la contingence naturelle, il faudrait supposer une activité première dont l'effort serait égal à la potentialité de la matière pure, ainsi, pour exclure la liberté, il faut un bien qui égale en ampleur la vacuité de l'âme.
Les rencontres de séries actives et passives qui ont lieu