‹ S. Thomas d'AquinChapitre 227 sur 256 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le désir, le vouloir et le libre exercice du vouloir aboutissent à l'action humaine.

L'homme est homme par sa raison ; l'action humaine, en tant que telle, est donc une action raisonnable1. De l'action de l'homme en tant que corps, qu'aurait-on à dire, après avoir traité de la nature? Et de l'action de l'homme en tant qu'animal, qu'aurait-on à dire aussi, après avoir traité de la vie? L'action humaine est celle que la raison exerce ou dirige. De celle qu'elle exerce, nous ne parlerons plus : c'est la science, au sujet de laquelle nous avons dit l'indispensable. Celle qu'elle dirige la dénomme raison pratique, et la raison pratique a un double emploi : organiser le milieu extérieur pour nous le rendre utilisable ; régir le milieu intérieur, qui est extérieur aussi, d'une certaine manière, par rapport à l'agent automoteur.

En effet, tout ce qui est, soit au dedans de nous soit au dehors, est justiciable de la raison, qui est agent de l'ordre. (sapientis est ordinare)2. La nature est raison, puisqu'une finalité s'y révèle ; puisque les formes, fruit et moyen de cette finalité, sont essentiellement idée; puisque l'image même du Premier Intelligible incarnée dans les choses, c'est leur forme d'être3. Si, d'autre part, il est acquis que l'homme participe à cette raison qui pénètre tout, qui régit tout,

Page 1