‹ S. Thomas d'AquinChapitre 233 sur 256 · Ethic. Nie, K, 7, 1177% 12-18; Ibid., K · texte numérisé non relu

Ethic. Nie, K, 7, 1177% 12-18; Ibid., K

2. Ethic. Nie. ,K, 7, 1177B, 2R-31 ; lbid., 8, 1178b, 7-27; Ibid.,9, ii79»,22-32; Met., A, 4, 1072", l-i-30.

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par le besoin, les hommes sont arrachés à la contemplation béatifiante. Enfin, la complexité du triple milieu : naturel, social, intérieur nous livre à l'accident, qui ne permet pas la certitude du but atteint, après la certitude de la souffrance et de l'effort. L'homme est lancé vers le bien sans savoir s'il aboutira, et si l'ordre qu'on impose à son activité sera reconnu et sanctionné par un ordre qui le couronne. Ce que Kant appellera le règne des fins n'a aucune garantie, dans la philosophie d'Aristote. Il le sent bien; son haut génie en est troublé, et, modestement, il se défend de promettre aux humains plus que la réalité ne comporte *. Mais l'audace de la théorie demeure pourtant; l'homme est toujours la créature divine, et l'on sent venir l'ironie de Pascal ou de Montaigne : « Le plaisant dieu que voilà !» — « le moindre bourdonnement de mouche l'assassine! ».

Saint Thomas, constatant ce vice doctrinal 2, n'a garde d'en triompher; il rend hommage à l'effort sublime et insensé qui a bravé le réel, par attachement à ce qu'il y a de plus haut dans l'homme. Quant aux victoires qu'il attend de ses points de vue renouvelés, il les attribue avant tout à la foi. « On voit assez, dit-il, de quelles angoisses souffraient, en leurs suppositions diverses {hinc inde) les hauts génies de ces hommes. Or, de ces angoisses nous serons délivrés si nous posons, selon ce qui précède, que les hommes peuvent atteindre à la vraie félicité après cette vie, l'âme étant immortelle 3. »

« Ce qui précède », dans le texte cité, c'est l'affirmation de la foi relative à une future intuition de Dieu ; mais en deçà de cette notion transcendante, il y a l'affirmation générale d'un au-delà de l'expérience, donnant une satisfaction positive, sinon ultime, à la théorie du bonheur intellectuel et de ses postulats multiples.

1. Elhic. Nie, A, 11, 1101*, 19-21 ; Apud S. Thomam, 1. I, lect. xvi.

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