‹ S. Thomas d'AquinChapitre 239 sur 256 · I» pars, q. XII, art. 4 et · texte numérisé non relu

I» pars, q. XII, art. 4 et

l'action humaine. 309

la fidélité de son cœur; plus que durable, puisqu'elle est arrachée à la succession et se mesure à l'éternité1. Au lieu d'un arrêt brusque, après le geste immense du départ, on verra le cercle de notre activité se fermer sur quelque chose qui réponde à son principe, celui-ci envisagé, d'ailleurs, non pas seulement tel qu'il nous est donné par l'expérience, mais tel que le porte son idéal. Sans s'écarter des routes humaines, puisque la béatitude surnaturelle s'y raccorde, la vie deviendra grosse d'un espoir infini qui donnera à ses démarches une valeur suprême. Au lieu d'une morale à finalité chimérique, d'une morale de quarts d'heure s'adressant à de rares mandarins, saint Thomas se voit en passe d'établir une morale largement humaine, pratique, en dépit de ses immenses horizons, et indépendante, en ses résultats, de tous les accidents de l'existence 2.

A. c. ■ — Les fnoyens de V Idéal.

A cette dernière considération se rattache une dernière faiblesse de l'éthique d'Aristote, la plus grande de toutes, peut-être, celle que Kant lui a le plus reprochée, sans que lui-même, Kant, ait su y échapper autrement que pour tomber dans des inconvénients plus graves.

Notre conscience proclame que le résultat moral, qui est le règne des fins, ne doit dépendre que de ce qui est en nous proprement moral. Si l'homme physique, dans la mesure où il se construit sans nous, est ce qui détermine principalement, ou même notablement, le résultat qu'on propose à l'effort moral, celui-ci se voit enlever sa matière propre. Or, où réside, en nous, la moralité? Est-ce dans les dispositions plus ou moins heureuses de nos pouvoirs psychiques? Est-ce même dans ce qu'on appelle si improprement le tempérament moral? Non certes. La moralité vraie consiste,

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