‹ S. Thomas d'AquinChapitre 246 sur 256 · Etliic. Kicom..X, 5, mit · texte numérisé non relu

Etliic. Kicom..X, 5, mit

passages la pensée du Maître, et nous avons dit qu'elle coïncide, au fond, avec celle du disciple. Quoi qu'il en soit, voici cette dernière, qui se révèle avec énergie en des pages de tout premier ordre l,

La délectation et l'opération vitale qui la provoque, si elles sont considérées chacune en elle-même, sont l'une et l'autre un bien, par conséquent une fin en soi. La délectation n'a pas besoin de l'opération pour être bonne, ni à plus forte raison l'opération de la délectation. Aussi Aristote déclare-t-il à bon droit ridicule de demander à un homme pourquoi il veut avoir du plaisir 2, et d'autre part il note qu'il y a des choses que nous choisissons pour ellesmêmes, dût-il n'en résulter aucun plaisir, comme « voir, se souvenir, savoir, posséder les vertus ». Et « qu'il y ait nécessité, ajoute-t-il, à ce que ces choses procurent du plaisir, peu importe; car nous les choisirions néanmoins, n'en procurassent-elles aucun 3 ».

On sait, en effet, que la notion du bien se divise en trois autres : Y honnête, le délectable, Y utile, et que dans celte division, Y utile seul implique une finalité ultérieure. <( Comme donc le bien est désiré pour lui-même, ainsi la délectation est désirée pour elle-même et non pour autre chose, si le mot pour désigne une cause finale 4. » La raison en est que l'idée du bien se confond avec celle de la perfection ou de l'achèvement de chaque chose. Or la perfection de l'être doué de sentiment, s'il est envisagé en tant que tel, c'est de sentir. Sentir étant une perfection est donc un bien, et il ne faut pas croire ceux qui, dans une pensée rigoriste, rejettent le plaisir comme plaisir, et le déclarent un mal 5.

Toutefois, si l'opération est un bien et si la délectation

1. Praecipue I» II»e, q. IV, art. 2, cum resp. et comment. CajeL; q. II, art. 6, cum resp.; III Contra Gentes, cap. xxvi; in II Sent., dist. XXXVII!, art. 2, ad 6m; in X Elhic, lect. vi.

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