In VI Phys., lect. xi. Cf. supra, t. I, 1. I, en. in, E
certain néant, à savoir le néant de ce qu'on doit acquérir, néant relatif greffé sur l'être acquis par le mobile. Aussi des philosophes ont-ils voulu définir le mouvement par le non-être1. C'est un excès; car tout non-être relatif n'implique pas mouvement; il faut de plus que le sujet envisagé soit en effort pour vaincre le néant qui l'afflige. Toujours est-il que nulle positivité assignable, dans le fait du mouvement, n'est le mouvement même. Celui-ci, en sa continuité mouvante, ne serait-il donc pas positif? Si fait; mais sa positivité est faite d'emprunt, et c'est l'âme qui fournit l'appoint de réalité nécessaire.
« La notion de mouvement est intégrée non pas uniquement par ce qui en existe en nature, mais par ce que la raison en appréhende. Du mouvement, dans la nature extérieure, il n'y a autre chose que l'acte imparfait acquis, commencement ou participation, en ce qui se meut, de l'acte parfait à acquérir. Ainsi, en ce qui se meut vers la blancheur, déjà de la blancheur existe. Mais pour que cette participation d'acte ait raison de mouvement, il faut de plus que nous la considérions par l'esprit comme un milieu entre deux extrêmes, le premier étant avec elle dans le rapport de la puissance à l'acte, en raison de quoi on appelle le mouvement un acte; le second dans le rapport de l'acte à la puissance, ce qui fait dire du mouvement qu'il est l'acte de ce qui est en puissance 2 ».
L'ordre d'antériorité et de postériorité en sa synthèse, qui est le mouvement, est donc le fait de l'âme. C'est elle qui lie la gerbe. Sans l'âme, il n'y aurait pas de mouvement, mais seulement des états de succession sans lien, une multiplicité sans unité, multiplicité, d'ailleurs, indéterminée, puisque le continu n'a de parties actuelles que par les divisions qu'on y opère.
Là est le gtte du mystère que recèle, comme tel, l'être mobile. Mais on voit que pour saint Thomas, chez qui