‹ S. Thomas d'AquinChapitre 3 sur 256 · A. — LE DEVENIR SUBSTANTIEL · texte numérisé non relu

A. — LE DEVENIR SUBSTANTIEL

En ce qui concerne le devenir substantiel, « il faut savoir que les hommes ne sont arrivés que peu à peu à la connaissance de la vérité1 ». Les anciens Naturalistes, « comme grossiers d'esprit et ne pouvant pas dépasser l'imagination » ne virent dans la nature que des changements de surface, à savoir ceux qui résultent de transmutations accidentelles. « Tout fieri était pour eux un alterari, un simple changement d'état, de sorte que la substance de toutes choses était posée dans l'unité de ce qu'ils appelaient matière, et dont ils faisaient un principe premier, non causé. Ces philosophes n'arrivaient donc pas à pousser l'analyse de l'être au delà de la distinction de la substance et de l'accident. » Arrivés à la substance, ils y voyaient le bout de tout, et contents de savoir si c'était l'air, le feu, l'eau, ou un élément intermédiaire, ou un élément commun, tels les atomes, qui entraient dans la composition de toutes choses, ils ne poursuivaient pas plus loin la recherche'2.

Nous connaissons aujourd'hui cet état d'esprit. Le physicisme a revécu de nos jours sous forme plu s savante; mais il n'est pas douteux que saint Thomas le qualifierait néanmoins de recul, et exercerait à bon droit contre lui sa critique dédaigneuse. L'atomisme, envisagé comme philosophie, « philosophie paresseuse », dira Leibnitz 3, est bien en effet l'acte de paresse d'un esprit qui ne veut pas dépasser le sensible. Comme le dit ce même penseur, « l'imagination est riante ; on borne là ses recherches ; on fixe sa méditation comme avec un clou; on croit avoir trouvé les premiers éléments, un non plus ultra1*. » Mais que cette imagination est trompeuse ! Croire qu'en les profondeurs de l'êire, en la simplicité

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