‹ S. Thomas d'AquinChapitre 36 sur 256 · In III Phys., lect. vn · texte numérisé non relu

In III Phys., lect. vn

et ce, pour des raisons a priori comme pour des raisons physiques. Les raisons physiques ne pouvaient avoir une valeur absolue, car nous ne connaissons pas toute la nature, et d'ailleurs, la plupart des hypothèses sur lesquelles se fondait le Stagyrite sont devenues caduques. Quant aux raisons a priori, saint Thomas, commentant la Physique^, les trouvait seulement « probables », comme procédant « de ce qu'on accorde communément », mais qu'on pourrait refuser en l'espèce.

Ces raisons étaient celles-ci : Il ne peut pas y avoir de corps infini ; car tout corps se termine à une surface, et un corps qui se termine à une surface est fini, à savoir par elle. Pas davantage il ne peut y avoir un nombre infini de corps ; car tout nombre et tout ce qui a nombre est numérable, donc pertransible ; or l'infini est intransible.

Mais, observe saint Thomas, celui qui supposerait un corps infini n'accorderait pas que tout corps se termine à une surface, à moins que ce ne soit en puissance; c'est-àdire que, dans le corps supposé, on pourrait déterminer des surfaces; mais qu'aucune, réellement, ne le finirait, et ce, par hypothèse. De même, celui qui parlerait d'une multitude infinie de corps composant l'univers, n'accorderait pas que toute multitude est nombrable, ni, par conséquent, qu'elle soit nombre, ni qu'elle ait nombre. L'idée de multitude, en effet, est plus générale que celle de nombre, et, précisément, le nombre ajoute à la multitude l'idée de mesure, que l'infini écarte. Il restait donc à prouver ces deux propositions : Tout corps se termine par une surface; toute multitude est définie comme telle par une unité. C'est à quoi saint Thomas s'efforce dans la Somme2.

Au sujet de la grandeur, son argument est celui-ci : Ou la grandeur est envisagée mathématiquement, sans considération de la substance, ou elle est envisagée physique-

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