In III Phys., lect. vin, n
2. I» pars, q. VII, art. 3 et 4. Cf. q. II, De Verit., art. 2, ad 5; art. 10; Quodl., IX, art. 1 ; XII, art. 2, ad2B1.
ment, en tenant compte des principes du corps naturel. A ce dernier point de vue, l'impossibilité d'un corps infini est manifeste ; car tout corps naturel est défini substantiellement par la forme, et celle-ci donne, avec lVspèce, une détermination quantitative qui en découle. Une espèce corporelle ne peut pas subsister sous des dimensions quelconques. On a vu qu'il y a un minimum au-dessous duquel les dispositions matérielles appelées par la forme ne seraient plus réalisables1. 11 y a aussi un maximum, comme cela se voit surtout chez les animaux et les plantes; comme une connaissance plus intime des minéraux nous le ferait reconnaître2. Ce n'est pas à dire qu'il y ait des limites théoriques à l'augmentation de la mer, si l'on y versait toujours de l'eau; ni à l'augmentation d'un feu, si l'on y jetait toujours du combustible ; mais si une forme individuelle unique réunit toutes les parties de la matière ainsi augmentée, comme dans le vivant, il sera toujours nécessaire de lui attribuer une part définie de la potentialité universelle, à laquelle elle communique l'acte. Si l'on disait qu'il y a là une multiplicité, l'infini en serait écarté par les considérations qui vont suivre.
Du moins, le corps mathématique peut-il être infini? Non pas même lui. Car la quantité ainsi abstraite est objet d'imagination, et comment imaginer un corps réel sans lui supposer une surface terminale? Cela reviendrait à supposer une matière sans forme; car la forme du corps mathématique, c'est sa figure, et s'il a une figure, il est nécessairement terminé par elle. Quand donc on disait : 11 n'est pas nécessaire de supposer que tout corps est terminé à une surface, on équivoquait sur ce qui convient au corps en général et ce qui convient au corps en tant que posé, et nécessairement posé, dans une espèce quantitative. La grandeur et l'infini ne s'opposent pas comme tels; mais la grandeur en général n'existe point ; dès qu'elle