Cf. infra, B. a
a Ce qui » ne désigne donc pas un espace, niais un sujet1. Il est vrai que, pour Platon, espace et sujet sont toat un, puisqu'il fait du nombre et des quantités la substance même des cboses 2.
Nous sommes donc amenés nécessairement, pour sauver la génération substantielle, à poser un sujet commun des substances qui doivent naitre Tune de l'autre 3. Avec la forme, cela fait donc pour l'être mobile, en son devenir, deux principes. Il y en a un troisième. Le sujet du devenir substantiel, avant de revêtir une certaine forme, la possède en puissance. Si l'on n'attribuait à la matière ce pouvoir, à quoi servirait-elle? Mais puisque la matière doit passer successivement sous diverses formes, c'est donc à toutes ces formes que s'adresse son pouvoir. Bien plus, ce pouvoir universel la définit toute ; caractériser son ampleur réceptive, c'est dire à fond ce qu'elle est. Il s'ensuit que lorsqu'elle se fait voir sous une ferme et qu'elle va en revêtir une autre, il n'est pas vrai seulement de dire de cette forme nouvelle qu'elle ne l'a point, mais qu'elle en est privée; car sa capacité réceptive la comprend, et à cette capacité, la génération en cours va donner une satisfaction provisoire 4. Si la matière n'était conçue par nous que comme sujet, dès qu'une forme lui adviendrait, tout le rôle qu'on lui attribue serait rempli, et il en serait comme de la matière du ciel, qui ne change jamais de forme 5. Le devenir substantiel dont nous poursuivons l'analyse serait donc impossible. Il ne l'est point ; la nature évolue : donc elle poursuit constamment quelque chose, et le point de départ de cette poursuite éternelle, c'est la privation, c'està-dire l'ample capacité que tout amuse et que rien ne peut satisfaire.
Là où il n'y a pas privation, il y a plénitude ; là où il y a