Cf. adhuc 1* pars, q. LXXXV1, art
procédant d'une science achevée, s'il a rapport aux flux et aux reflux qui ont pour siège la matière.
Les assertions actuelles des déterministes, qui prétendent envelopper dans la formule du monde « même le nom du masque de fer » sont repoussées par là doublement : à cause du libre arbitre ; à cause de la part d'indéterminisme, d 'inintelligibilité que le mélange de la puissance et de l'acte occasionne dans la nature.
Enfin, sinous rattachons le fatum à. l'idée de providence, voici ce que nous devons dire. Ce qui a lieu accidentellement dans le monde, soit par le fait du libre arbitre, soit en raison de l'indétermination de la matière, dépend d'une cause transcendante qui le préordonne, et que nous appelons la Providence. Tullius et d'autres ont eu le tort de nier le fatum ainsi compris1. On les a réfutés plus haut en essayant de lever leurs scrupules2.
Le fond de leur illusion consiste à n'avoir pas saisi la transcendance. Ils n'ont pas vu que le problème de Dieu consiste à rechercher une source de l'être en tant que tel, et par conséquent de l'être quant à toutes ses différences, le contingent et le nécessaire compris. Leur Dieu, s'ils le posèrent, n'était qu'un démiurge ; il empruntait sa notion aux catégories, comme saint Augustin raconte qu'à ses yeux de jeune philosophe, Dieu empruntait sa substance à je ne sais quelle matière pure. Dès lors, mêlé au complexus dés causes, il subissait leurs conditions, et s'il n'agissait pas, l'homme ou la nature restaient à leur spontanéité naturelle ; mais s'il agissait, son efficience souveraine primait tout; il n'y avait plus, sous lui, ni liberté ni contingence. Ce dilemme établi, chacun, selon son humeur et selon la face des choses qui le frappait, ou accordait ou refusait cette divine action, et ceux qui l'accordaient tombaient dans le fatalisme; ceux qui la niaient dans le naturalisme. Mais notre Dieu est d'autre essence. Il est