B. — COMMENT L'AME MEUT LE CORPS
De même que l'âme, par elle-même, ne fabrique pas, ne répare pas le corps, l'âme, par elle-même, ne le meut pas. Saint Thomas dit toujours que l'âme meut le corps par ses puissances, et que ses puissances sont organiques, c'est-à-dire qu'elles ont pour moyen l'organisation, laquelle n'est autre chose que la synthèse élémentaire susdite2.
Cette théorie, d'ailleurs, ressort nettement de sa philosophie générale. Si l'âme est forme, et si le corps, à son égard, a raison de matière, il est impossible que l'âme, envisagée seule, soit moteur. La forme n'a aucune action propre, à
1. Cf. De Gen. et corrupt., loc. cit. ; q. XIV, De Verit., art. 5.