‹ S. Thomas d'AquinChapitre 62 sur 256 · Q. III, De Pot., art. 11, post med · texte numérisé non relu

Q. III, De Pot., art. 11, post med

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moins qu'elle ne soit subsistante; encore, dans ce cas, n'estce point en tant que telle qu'elle agit. La forme a pour rôle de constituer, non d'agir; elle se repose en son sujet, bien qu'elle le constitue agissant *, et quand l'action se produit, cette action doit être attribuée au composé, non à la forme 2. Si donc on dit, comme on peut le dire en effet, que l'âme meut le corps, il faut l'entendre de l'âme incarnée; ou, ce qui revient au même, du corps animé, du corps organisé dont l'âme est l'acte. Et cela équivaut à dire : L'âme est ie principe par lequel le corps organisé sous sa loi se meut lui-même 3. Le pouvoir moteur qui réside dans le vivant est donc, à titre exécutif, « la disposition même du mobile 4 », â savoir l'organisation, résultant des relations combinées des qualités élémentaires.

Dans plusieurs passages de ses œuvres, saint Thomas assigne comme raison de la différence qui existe entre vivants et non-vivants, au point de vue de la motion à exercer sur soi-même, que les non-vivants ont une organisation trop simple pour qu'une partie y puisse mouvoir l'autre. C'est donc que le principe de cette organisation, à savoir la forme, n'est point motrice par elle même; elle est motrice par le composé, auquel elle communique l'acte, et c'est pourquoi les minéraux ont des mouvements d'ensemble, comme dans la gravité, mais non pas l'activité intérieure du vivant ni ses échanges 5.

Dans la question XXII, De Veritate (art. 3), on trouve distingués trois degrés des formes, relativement à la motion qu'elles peuvent exercer sur une matière. Les formes séparées appelées anges peuvent être moteurs proprement dits, parce que leur être se trouvant constitué en dehors et au-dessus de la matière, ils peuvent agir sur elle sans

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