In II, De Anima, lect i, in fine
2. Ibid. Il va de soi qu'il est ici parlé de l'âme pour autant qu'elle est forme du corps, en abstrayant de son émergence spirituelle.
lonté chez l'homme, il n'y aura pas lieu de s'étonùer du retentissement de ces fonctions sur les mter-actions organiques, ni par suite sur les mouvements qui les traduisent. La faculté connaissante modifiée, l'appétit modifié, le corps et ses mouvements se modifient, de même qu'a lieu la réciproque '.Il y a là corrélation interne, harmonie préétablie dans T « axiome » immanent appelé âme. Nul besoin de recourir à je ne sais quelle motion d'une âme démiurge.
L'action de l'âme est immanente au composé, et elle n'est donc pas, à proprement parler, action de l'âme, mais action du composé sur lui-même (actiones sunt suppositorum).
Je suis un, pourrais-je dire, et j'ai pouvoir par mon âme sur mon corps parce que je suis mon corps, de même que j'ai pouvoir par mon corps sur mon âme parce que je suis mon âme. Je puis par moi sur moi, et cette réciprocité d'action immanente n'est que ma propre évolution comme substance mixte; il n'y a là aucun dehors, donc nul besoin de chercher des portes par où l'action de l'âme pourrait entrer dans le corps, ou celle du corps dans l'âme. Si notre âme est dite nous mouvoir, c'est parce que de l'action que nous avons sur nous-mêmes, c'est elle qui est le principe 2.
Par là se résoudrait une difficulté qu'on a crue considérable et qui, dans l'hypothèse thomiste, est nulle.
Comment, dit-on, la motion de l'âme sur le corps, et en particulier l'action du libre arbitre, se concilie-t-elle avec le principe delà conservation de l'énergie? Pour que l'âme meuve le corps, ne fût-ce qu'en vue d'imprimer une direction nouvelle à ses énergies, il faut qu'elle y ajoute de l'énergie : une composante, au moins, est nécessaire. Mais que signifie cette question, quand il est décidé que le composé vivant est un; que l'âme lui donne sa loi, et qu'ainsi toutes les énergies que manifeste le corps lui appartiennent? L'âme, en tant que distincte du corps, n'est pas source de force ; mais qu'en a-t-elle besoin, puisque, en fait, elle n'est pas dis-