‹ S. Thomas d'AquinChapitre 65 sur 256 · Cf. in II, De Anima, lect. vu, in fine · texte numérisé non relu

Cf. in II, De Anima, lect. vu, in fine

tincte (non est quid diversion secundum esse*). Il se peut que l'âme soit indépendante du corps en quelque chose, et c'est le cas de l'àme intellectuelle ; mais en aucune façon le corps n'est indépendant de l'âme ; l'âme le possède à plein, lui et ses pouvoirs, puisqu'elle lui communique son être, le définit et l'oriente vers ses finalités propres.

On agit selon ce qu'on est : si le corps est par l'âme, comme par son acte, comment l'action du corps ne seraitelle pas selon l'âme? Si l'âme modifie ses finalités par la connaissance2, comment l'orientation des pouvoirs du corps, dont tout le rôle est de réaliser ces finalités, n'en seraitelle pas modifiée par là même? il n'est besoin de composante qu'à l'égard d'un système autonome, dont la loi ne se laisse pas vaincre. Mais la loi du corps, c'est l'âme. Modifiez l'âme, vous modifiez le code vital, et par cela seul, sans nulle force nouvelle introduite, la route que prennent les phénomènes de la vie sera changée.

Dès lors, il n'est plus question de création de force; il n'y a toujours que transformation. Le corps animé se meut lui-même, et il se meut dans les conditions attribuées à tout mobile, en étant mû d'abord (lre voie). Le dehors presse sur lui, l'envahit, l'influence de mille manières. Par exemple, les organes des sens sont mus par le milieu, et, dans le vivant, cette motion se transforme en mouvements d'autres espèces3. Au point de vue mécanique, le corps organisé n'est donc qu'un point de concentration de forces; l'âme n'y crée rien, et, à son travail, une création de ce genre n'est nullement nécessaire.

Somme toute, dans cette théorie, l'âme est envisagée comme un art interne, comme une idée active, mais non point active par elle-même, non plus que l'idée de l'horloger, à supposer qu'elle fût immanente à l'horloge, n'y agirait néanmoins par elle-même : elle agirait par les proprié-

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