I» pars, q. XIV, art
pomorphisme naïf qui ne voit ici qu'un apparaître, comme si l'apparaitre, qu'on en situe l'objet au dehors ou au dedans, signifiait quelque chose sans l'être. Juger ainsi, c'est se donner ce qui est en question. L'objet présent et comme posant, au dedans ou au dehors, devant la puissance de connaître, cela n'explique rien1; il y faut une entrée, c'est-à-dire, ici, une synthèse de natures, ainsi que les Anciens « quasi a longe divinantes » l'avaient compris depuis Empédocle2. Le connaître est un mode d'être. Il faut que le connaissant soit d'abord pétrissable en cette forme; ensuite, qu'il soit pétri. Par quoi? Évidemment par son objet, et par conséquent selon lui, et, en ce sens, à sa ressemblance. « L'âme est comme transformée en la chose, et ce, par communication de la forme, selon laquelle agit tout ce qui agit 3. » Il y a déjà dans cette phrase toute une théorie de la connaissance.
Nous savons que l'être est dynamogénique ; que le bien est « diffusif de soi »; que la forme, l'acte, d'où l'être tire sa positivité intelligible, tend à-se communiquer, de même que la puissance tend à recevoir, et qu'ainsi l'unilé dans le meilleur tend à s'établir, en raison de la fraternité universelle née de cette origine commune : la participation de l'Acte Pur. Telle est la formule la plus générale de l'activité réciproque des êtres. Mais à l'invasion de l'acte, les conditions de la matière imposent des exigences. L'acte se communique ad modum recipientis . D'où les lois diverses qui règlent l'assimilation du patient à l'agent dans tous les ordres. Or il est des cas où le patient est à l'acte qu'il s'agit de communiquer dans la même proportion que l'agent luimême ; alors il va de soi que l'acte sera reçu dans le premier tel qu'il subsiste dans le second; tel, dis-je, soit spécifiquement, comme dans les actions univoques, soit au
.1, Q. VIII, DeVerit., art. 6.