‹ S. Thomas d'AquinChapitre 72 sur 256 · I" pars., q. XIV, art · texte numérisé non relu

I" pars., q. XIV, art

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eux, mais en tant qu'ils sont idée, et que tout être en pouvoir d'idée peut donc les recevoir sous ce rapport, et les vivre H. Saint Thomas dit sans cesse qu'il va quelque chose dans les êtres par quoi ils nous sont connaissables, à savoir une fraternité entre eux et nous en tant que nous sommes connaissants. Il en conclut hardiment avec Aristote 2 que tout ayant ainsi naturellement rapport à la connaissance, à parler universellement, s'il n'y avait pas de sujet, il n'y aurait pas non plus & objet. Ces deux termes s'impliquent, comme exprimant deux faces d'une même réalité transcendante. La cognoscibilité de toutes choses leur vient de ce qu'elles procèdent du connaissant suprême et qu'elles ne sont que sa pensée posée dans l'être (scientia Dei est causa rerum)^. Elles existent par leur forme, c'est-à-dire par une idée qu'elles sont chargées de manifester. Or, à cette condition d'être issues d'une pensée et formées non seulement 'par elle, mais à' elle, suit leur cognoscibilité pour nous, en ce que, par un contact indicible, par une synthèse de ces idées-êtres, le sujet arrivera à connaître l'objet en devenant lui et soi tout ensemble.

Ce que saint Thomas rejette, c'est la nécessité prétendue, pour le connaissant, d'être en nature propre ce qu'il doit connaître. La puissance et l'acte l'exonèrent de cette supposition, qui a jeté Fichte dans le paradoxe du moi absolu. Il la conserve d'ailleurs pour un cas, à savoir celui où le connaissant étant forme pure, se trouve appartenir à l'ordre idéal par lui-même, et peut donc se connaître immédiatement. Un tel être peut dire en effet : « Je sais ce que je suis parce que je le suis. » C'est le cas des intelligences séparées4; c'est a fortiori le cas de Dieu5. Mais hors ce cas, qui n'est plus en cause pour nous, il faut

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