Cf. supra, t. I, !.. II, ch. ni. K
maintenir la distinction foncière des sujets et des objets, ce qui n'empêche aucunement de les mettre en synthèse sous un certain rapport, à savoir dans cet acte second par lequel Je connaissant, tout en demeurant soi, participe à l'idée incarnée dans un autre. C'est en ce sens que saint Thomas dit toujours avec Aristote : Dans le fait de la connaissance, le sujet en acte et l'objet en acte sont identiques. Averroès avait insisté en disant qu'ils sont plus ?m que la matière et la forme dans la substance1. Saint Thomas y applaudit ; car la matière n'est point la forme ; elie constitue avec elle un troisième, tandis que la puissance connaissante, comme telle, devient réellement la chose en tant que celle-ci est connaissable ; c'est-à-dire que l'idée de réalisation qui est incarnée ici, est participée là. Et comme l'être est avant tout idée, forme, acte, raison, il y a donc là unité dans l'être en sa plus haute acception, (èvép-yeia, stSoç), en ne réservant que la manière d'être (to éïvgk), qui tient aux conditions matérielles.
A cause de cela, en Dieu, 'où les conditions matérielles n'ont plus cours , où l'essence et son acte d'être sont identiques, l'unité du sujet et de l'objet sera parfaite. Dieu sera subjectivement son objet total, comme il sera objectivement son être total2.
Peut-on opposer à ces conceptions quelque diificulté insurmontable ? Qu'est-ce qui peut empêcher qu'une idée réelle devienne la détermination spécifique d'une puissance appartenant à un être déjà constitué, aussi bien qu'elle devient la détermination d'une matière? L'être en question sera matière sous ce rapport, voilà tout. Matière et forme ne sont-ils pas des termes relatifs, en même temps qu'ils désignent, aux deux bouts des relations, la puissance pure et l'acte pur? Pour que la détermination dont on parle soit possible, ii suffit que la constitution première de l'être envisagé ne le mure pas en soi, en épui-