Ibid., c. Lxm
mocrite, d'un Diogène ou d'un Heraclite le put croire. L'àme est un acte intelligible, une idée réelle, sous le gouvernement de laquelle les propriétés matérielles s'organisent; mais qui, par cela même, les dépasse. La nutrition le prouve; à plus forte raison la sensation et l'inteliection1.
Ce qui a trompé ces philosophes, c'est le rôle évident et capital que jouent, dans h connaissant, les propriétés corporelles. Voyant qu'on pouvait dire : Tel corps, telle âme; telle complexion, telle intelligence; telles humeurs, telles passions , ils n'ont pas su comprendre qu'autre est la relation qu'entretiennent les fonctions de connaissance avec les propriétés corporelles, autre la relation qu'elles entretiennent avec l'âme. Celle-ci est le lien des autres et ne peut donc les rendre inutiles. Les propriétés corporelles ont à l'égard de l'âme raison de dispositions matérielles; l'âme elle-même est la forme, l'acte, l'idée réelle qui régit le composé. Sans les propriétés, l'âme ne pourrait rien faire; mais sans l'âme, les propriétés ne sauraient aboutir à la connaissance, attendu que celle-ci les dépasse; qu'elle est d'un ordre à part, et qu'il faut donc lui assigner un principe de son ordre2. Si l'âme connaissante était une harmonie de propriétés, comme il faudrait supposer à cette harmonie une cause propre, il faudrait donc une âme de l'âme3. Qu'on dise donc dès l'abord que l'âme est non l'harmonie même, mais son principe; que par suite elle est antérieure logiquement aux éléments de l'harmonie, afin de les contenir; que, par suite, elle leur est supérieure 4. D'ailleurs, si l'on comprend que la beauté soit une harmonie de parties, la santé une harmonie d'humeurs, la force des membres une harmonie de nerfs et d'os etc.; de quoi le sens ou l'intelligence comme tels seraient-ils l'harmonie? Il y a là une réalité à part, dont la raison propre