II C. G entes, c. lxiv
2. Q. X, De Yerit. art. VIII; art. IX; I» pars, q. LXXXVII, ast. 3; art. 1, ad 3ra; In II, De Anima, lect. n, init.; III, lect. rs, med. In lioet. de Trinit., art. 3; De Principio individualionis, init.
l'idée générale de la connaissance. lit
primauté1. Il est plus certain que nous connaissons des choses, qu'il n'est certain que nous connaissons par une opération immanente. Mieux vaudrait donc nier l'immanence de la pensée ou de la sensation, comme y tend le matérialisme empiriste, que d'en nier l'objectivité au sens le plus général de ce terme. Volontiers saint Thomas dirait aux subj activistes ce que disait Cicéron aux Épicuriens : Cum perspicuis dubia dcbeatis illustrare, dubiis perspicua eunamini tollei^e2. Faire dépendre le monde extérieur de l'analyse du moi, ne serait-ce pas vraiment chercher la lumière du jour dans les caves?
A maintes reprises saint Thomas s'est posé cette question : Qu'est-ce qui est vraiment connu? Est-ce la représentation, est-ce la chose? Est-ce limage intelligible ou sensible, est-ce l'objet? C'est en ces termes que se posait de son temps la question du subjectivisme. « Certains ont posé, dit-il, que les puissances cognitives, en nous, ne connaissent que leurs propres passions, à savoir, que le sens ne sent autre chose que l'altération de l'organe ; que l'intelligence ne perçoit que l'image intelligible éveillée en elle. Mais cette opinion apparaît manifestement fausse3. » Il s'ensuivrait que les sciences ne seraient point relatives aux choses, mais seulement aux états du moi, de la même manière que les Platoniciens ont dit : Notre science est relative aux Idées. Seulement, dans l'hypothèse platonicienne, les Idées étaient un en soi et comme un double immobile des choses; ici, elles sont en nous, et toute science humaine se réduirait ainsi à une psychologie. De fait, cette conséquence a été acceptée de quelques penseurs, et, remarquant avec raison que toute réflexion consiste à se donner un objet intérieur, à penser sa pensée comme une chose, ils ont avoué que leur doctrine générale de la connaissance doit se pousser jusque-là, et que l'on doit*dire : Il n'y a de science que la