In II, De Anima, lect. n
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généralités, sauf à avancer des précisions non exemptes, quelquefois, de naïveté ou d'erreur.
Les qualités sensibles se distinguaient, selon lui, par leur aptitude à émouvoir le milieu; par suite, à émouvoir le sens qui en éclot. Il remarquait, en effet, avec Aristote, que le sens est altéré par cela même qui altère les corps sans âme1. De quelle nature est cette altération? C'est ce que saint Thomas essaie de formuler, en harmonie avec sa philosophie générale. Il se refuse à croire que l'altération du milieu soit purement quantitative.
Et cette fois, ce n'est pas manque d'expérience; il connaît à merveille, en ce qui concerne, par exemple, le son, la théorie des ondes et celle de l'écho; il l'admet; seulement, pour lui, là n'est pas le tout du phénomène. La qualité, bien que liée à la quantité, n'est nullement, en soi, quantité ; l'acte de l'organe animé appelé sensation Test moins encore: entre les deux, une action ondulatoire ne saurait donc être un lien. C'est tellement vrai, que saint Thomas ne croit pas impossible une production et une propagation du son sans milieu vibrant2. Non pas que le son lui apparaisse, en soi, comme une fixité : c'est un état de mouvement (in quadam immutatione consistit)', et à ce titre, l'état vibratoire du milieu, en même temps qu'il en est la condition ordinaire, en est le parfait symbole; mais ce n'en est pas la réalité. Il n'y a pas de mouvement que le mouvement selon le lieu, ni d'états de la matière que les états quantitatifs. A la quantité, la qualité en soi est irréductible3. C'est ce qui permet de penser que dans la survie, des sensations agréables ou pénibles pourront être éprouvées par le « corps spirituel », sans altération d'organes4.
Une prétendue sanction d'expérience venait confirmer, chez saint Thomas, les conclusions de sa métaphysique de
1. 1* pars. q. LXXVIII, art. 3, ad lm; in VII Phys., Iect. iv.