I» pars, q. LXXVIII, art 4, ad 2m
4. Ibid., q. LXXXVII, art. 3, ad 3m; in III, De Anima, lect. m.
sont diverses ; en tant, cependant, qu'elles servent à intégrer le sentir. Il est, à ce nouveau titre, non plus le sens de la sensation, mais le sens du sensible comme tel et de ses différences, alors que chaque sens particulier n'est que le sens du visible, du sonore, de l'odorant, etc. i Sous ce rapport, le sens commun se rapproche du toucher, qui, en même temps qu'un sens spécial, est aussi une condition générale de sensibilité dont l'influence est partout diffuse2.
En troisième lieu, le sens commun a pour rôle tout marqué de saisir ce que nous avons appelé les sensibles communs : mouvement, repos, grandeur, figure, nombre3.
Enfin, si le sens commun peut jouer ces rôles, c'est, ainsi que nous le notions à propos de l'un d'eux, parce qu'à l'égard des sens particuliers, il est un point de départ. « Le pouvoir sensitif se diffuse dans les organes des cinq sens à, partir d'une racine commune, où aboutissent ensuite les immutations de chacun de ces organes *. » Aussi le rôle complet du sens commun s'exprime-t-il en cette phrase : « Le sens commun est le centre d'où dérivent tous les sens propres, auquel reviennent leurs impressions, et où elles établissent leur synthèse5. »
B. a. — V Imagination .
L'imagination est un pouvoir différent, mais tout proche. Les sens particuliers et le sens commun reçoivent ; l'imagination ou phantasia conserve. C'est une sorte de « trésor des images reçues par les sens6 ». Ce qui oblige à poser ici une puissance spéciale, c'est qu'autre chose est recevoir, autre chose retenir. La preuve, c'est que certains corps reçoivent facilement une impression, qui précisément sont