M. Cliovrillou venait de mourir subiteinent à Londres
2. Dès cette épo([tie, M. Gaston l^aris avait chez lui ces réunions du (liiuanclie, auxquelles M. Taine était assidu, et où se rencontrèrent durant trente années tant de hautes intelligences françaises et étrangères.
5. « ... Ce voyage a été fort agréable, par la variété et la nouveauté de ce qui m'a passé sous les yeux, et par la charmante compagnie dans laiiuelle je l'ai fait. J'ai trouvé dans Boissier non seulement un honnue d'espril — je le connaissais pour tel —
r.« (:OKRESPO>iDAKCE
Ma iiièi'e va bien, après avoir été mal et avoisiné une pneumonie, mal si dangereux pour les vieillards. Ma femme et mes enfants, mon beau-père vont bien. C'est moi qui suis la patraque incapable de tout eilort ou activité, au physique comme au moral.
Je vous serre la main bien amicalement.
AU PlIlNCi: IMPÉHIAL*
Mi'iiilioit-Saiiil-Bfriiard, 16 octobre 1877
Monseigneur,
Je serais heureux si mon étude sur les Origines de la France Contemporaine méiitail l'approbation que vous voulez bien lui donner. J'ai l'ait celte élude en simple historien: n'ayant jamais pris part aux luttes politiques,
mais un homme du raractère le plus aimable et d'un cœur excellent. Aussi reviendrons-nous de cette promenade amis intimes, étant parfis simples connaissances. C'est là une acquisilioii qui vaudrait un voyage plus lointain et surtout moins amusant.... n (G. Paris à H. tainc, H octobre 1877).
1. Louis-Eugène Napoléon. Prince Impérial, né le 16 mars 1856. tué en Afrique par les Zoulous, sous l'uniforme anglais, le l' juin 1879.
Le Prince Impérial avait écrit la lettre suivante à M. Taine. après la lectiu-e de V Ancien Hétjhne :
Caniden Place. Cliisleliursl, le 8 octobre 1877. Monsieur, tous ceux qui sont désireux de s'éclairer sur la situation de notre pays et de rechercher les causes de l'inslabilité de notre état social vous doivent de la reconnaissance
PREMIER VOLUME DE « LA RÉVOLlTKlX -. '9
placé en dehors de tout parti, et sentant bien que mon éducation corrnne rues apliltides nie confinent pour toujours dans la vie de cabinet, j'ai tâché de rendre service, dans la rnesuie de mes forces, en disant aux Français ce qu'étaient leurs grauds-pêres. A mon sens, ils ont besoin de le savoir; l'histoire de la Révolution, par exetuple, est encore dans les archives; j'ose ajouter que l'histoire du Cohsulat et de l'Etnpirc n'est guère mieux connue. On n'a pas compris le sens et la portée des trois ou quatre grandes institutions fondées au commencement du siècle: Université. Institut, Concordat, Code civil, Administiation; il a fallu que le cours des événements en dévoilât les conséquences. La structure de la France est une anomalie dans l'Europe; elle a manqué, (Ml I78tt, la transformation qu'ont réussie les nations voisines; il lui en est resté une soi'te de luxation de la colonne vertébrale, et une telle lésion ne [)eut se guérir que très lentement, par une infinité de précautions. Si je ne me trompe, quand un malade est dans cet
ponr votre ouvrage sur les origines de la France moderne. On ne peut exposer d'une manière plus séduisante le résultat de plusieurs années de recherches laborieuses et de méditations profondes. J'ai tenu à m'acquiller personnellement de ma dette de gratitude en vous écrivant ces lignes. Non seulement votre livre est venu répondre à un besoin de mon esprit, mais il m'a donné une véritable satisfaction de cœur. Éloigné de mon pays, j'y vis du moins par la pensée, et grâce à vous. Monsieur, j'ai pu passer de longues heures en France. Croyez, je vous prie, à mes meilleurs sentiments.
NAPOr.KON.
40 CORRESPONHANCE
état, la première condition pour qu'il guérisse, c'est qu'il sache sa maladie; cette connaissance le rendra sage, lui ôtera l'envie de faire des mouvements précipités, violents et faux. Depuis 1828, nos historiens, nos littérateurs, nos poètes, nos romanciers s'appliquent à lui persuader qu'il est très bien portant, mieux bâti que ses voisins, en état do faire les plus rudes exercices. Il n'est pas encore corrigé de cette erreur, mais il s'en corrige insensiblement, d'abord par les horribles maux qu'il éprouve, ensuite par le raisonnement sérieux et suivi. Les sciences historiques, morales, politiques, économiques sont, depuis la Révolution, arriérées chez nous et comme engourdies ; rien de semblable à l'élan, à l'organisation de la science allemande. Mais nous commençons à combler cette lacune. Je me permets de vous signaler deux institutions qui, dans cette province de la pensée humaine, nous préparent un État-Major intellectuel. L'une est l'École des Hautes Études fondée par M. Duruy avant 1870; l'autre est l'Ecole libre des SciencesPolitiques fondée en 1872 par l'initiative privée. Cette seconde école surtout fera ce qu'un homme isolé, un historien ne peut pas faire; je vois en elle un centi'e où le politique véritable, l'homme d'action, trouvera un jour l'ensemble des renseignements qui le conduiront à une connaissance approfondie, méthodique, progressive, de tous les grands intérêts européens.
Mnn livre n'est qu'un document parmi ceux qui sortiront de cette école, un mémoire à consulter par les honnnes qui sont ou qui peuvent devenir des honnnes
PIŒMIEl; VOLUME DE « L\ lŒVOLUTK» » il
d'Ktat. J'ai rencontré souvent de pareils mémoires aux Archives : leur but était atteint quand ils étaient lus par les cinq ou six personnes qui pouvaient en faire usage. Je voudrais que cela m'arrivât, et puisque vous m'avez lu. Monseigneur, cela commence à m'arriver.
Daignez agréer. Monseigneur, les assurances de mon respect .