A SA MEME
'2*J iio\('iiil)ic I8'7
... Tu vois qu'en politique les choses ne s'arrangent guère. Le discours de M. (iermain expliiiue la hausse continue; il y a deux milliaids (|ui nOseiitse placer. Le ton de la Chambre devient de plus en plus absolu : c'est celui d'une Convention ; il semble qu'elle veuille pousser le Maréchal à un coup d'État. Je suis inquiet, et je voudrais être à Paris pour voir de près les choses.
A M. EMILE TEMPI.IEH'
Paris, 6 iliicoiiiljre 1877
Mon cher Monsieur,
Après avoir réfléchi et consulté mes amis, je crois qu'il vaut mieux publier d'abord à part un premier voi. Voir loiiio II, page 164, iioto "i.
W CORRESPONDANCK
Jume sur la Révolution. Je vous demande votre avis, voici mes raisons :
Le second volume ne sera prêt que dans un an au plus tôt; je suis fatigué, j'ai été obligé de suspendre mon travail. Ce serait beaucoup de faire attendre le public si longtemps, et je vois, d'après divers renseignements, que les acheteurs du premier volume désirent avoir la suite dès à présent.
Le premier volume de la Révolution (!2<= partie de l'ouvrage) est complètement fini, recopié, avec les renvois au bas de la page, les titres et sommaires. 11 fait mi ensemble assez nef, et comprend toute la période de dissolution.
Le volume suivant formera aussi un ensemble assez nef, et comprendra la période de reconstitution du pouvoir central. Il me semble donc qu'on peut diviser la publication, imprimer d'abord la première partie et la seconde dans un an. Vous m'avez dit vous-même que, si les deux volumes étaient prêts, vous souhaiteriez un intervalle de trois mois entre la publication du premier et celle du second.
Ce volume prêt aura la dimension de Whicien Régime, environ 540 pages, même justification. Il comprend les trois livres suivants :
h L'Anarchie spontanée. — La Province et Paris jusqu'au 14 juillet 1781). La Province et Paris jusqu'aux 5 et (> octobre 1789.
'2'^ L' Assemblée constituante et son œuvre. — L'Assemblée, sa composition, ses idées, pression du dehors
PREMIER VOLUME f)E « LA RÉVOLLTiON « 45
sur ('ll(>. — Son œuvre de destruclion et son o.'uvre (le conslruclioii.
5" LaConAlUulinn apiiiiquée. — Tableau de la PYance depuis octobre 178'J jusqu'au mois d'août I7l)ii.
Le volume qui est en cours de rédaction comprendra deux livres' :
1" Les Nouveaux l'ouvoirs. — Composition et progrés du parti jacobin depuis 1789 jusqu'au ôl mai 179ô (expulsion des Girondins).
"2" Le Triomphe du parti et de la doctrine ((louvernement, théories, législation, idéal de la Convention).
Si cela vous convient, je voudrais commencer l'impressiofi dès à présent, et ne publier qu'en mars 1878, afin d'avoir le loisir de taire une révision scrupuleuse, et aussi pour éviter à mon livre l'apparence d'une manœuvre de parti. Je désire garder ma position purement historique et scientifique, il me déplairait beaucoup d'être ennMé dans la polémique courante, et d'ici au mois de mars il y a chance que la crise actuelle s'apaisera.
Voulez-vous me donner un rendez-vous? Je vous apporterai le manuscrit qui est en bon état et bien lisible; je vous en lirai des morceaux et nous en conférerons,
A vous bien amicalement.
i. M. Taiiic iioiisiiit jilors iiecriro que ilciix volumes sur l;i Hévôlution.
A M. ERNEST HAVET
l'.-u'is, 2i iiiiirs 1878
Cher maître,
Kn vous envoyant ce livre-, je savais bien qui! vous choquerait; et, si bienveillante (trop bienveillante) que soit votre lettre, je vois que vous avez l'ait un effort pour ne pas ine montrer votre blessure. Pardonnez-moi mes duretés; vous savez que j'ai écrit en conscience, après l'enquête la plus étendue et la plus minutieuse dont j'aie été capable. Avant d'écrire, j'inclinais à penser comme la majorité des Français; seulement mon opinion était une impression plus ou moins vague et non une foi. C'est l'étude des documents qui m'a fait iconoclaste. Le point essentiel de notre ditîérend, ce sont les idées très différentes que nous nous faisons des principes de 1789. A mes yeux, ce sont ceux du Contrat Social; par conséquent, ils sont faux et malfaisants. comme je l'avais montré dans l'Ancien Régime. Uien de plus beau que les formules Liberle, Égalité, ou, comme le dit Micheict en un seul mot : Justice. Le cœur de tout homme qui n'est pas un drôle ou un sot est pour elles. Mais, en elles-mêmes, elles sont si vagues qu'on ne peut les accepter sans savoir, au préalable, le sens qu'on y attache. Or, appliquées à l'oi'ganisation sociale,