vol. iu-S
LES DEUX DERMEUS VOI.liMES DE « l-A RÉVULUTION « 07 et le li'oisièiiit' de Moi'fiiner Ternaux ' donnent quantité de textes. .Moitiniei- Ternaux, surtout, est excellent. Du 'JO juin ITU'J au l' juin 1793, ses sept volumes contiennent riiisloire vraie de la Révolution; tous ses documents sont authentiques. Sa criticjue est attentive et sûre, il ne lui manque que le talent d'écrivain. Cependant, je ne suis pas d'accord avec lui sur le caractère des massacres de Septeinbre ; ils sont le fait, non pas de cinq ou six meneurs de l'Hôtel de Ville et de trois ou (|ualre cents liaiulils payés pour cela, mais de presipic toute la faction jacobine, neuf ou dix mille lionnncs à Paris. J'ai pu les suivi'e en province, à partir de juillet, ils se succèdent de tous côtés comme des explosions, et les volontaires en marche en commettent quantité sur leur passage. Cinq ou six personnes conunencent à travailler dans l'inédit de la Révolution: M. Albert Sorelsur l'histoire diplomatique. M. ...-, sur l'histoire ecclésiastique ; plusieurs ouvrages considérables et excellents traitent de Thisloire locale. M. Sauzay {La Perséculion Hérolutioimaire (htns le Donhs, dix gros volumes excellents) ; Albert Rabeau {Histoire de Troijes); Alfred j.allier (sur la Vendée), Parés (sur Lebon), etc. Dans vingt ans, on verra clair sur la Révolution.
Mais l'Empire est encore tout à fait inconnu; j'ai lu aux Archives la correspondance de ses préfets pendant plusieurs amu''es, cela est curieux; M. Thiers, connue de juste, a (»mis ou peint en couleurs fausses l'état
1. lllntuiiT ilr lu Terreur. 7 vol.. l8U'2-lS(ilt. "1. NiHii illi>iljlc.
H. TAIXE. — COKRESro.NDA.NLE. iV. 7
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inléneur delà France. J'espère bien, puisque vous avez étudié de ce côté, que vous publierez le résultai de vos recberclies.
Si vous pouvez nous montrer Fouclié sous l'Empire, ce serait curieux ; je crois qu'il a joué un rôle important et secret sous le Directoire.
Agréez, cber Monsieur, jevous prie, mes remerciements très vifs et les assurances de mes sentiments les plus sympathiques.
A M. JOHN DURAND
Meiithoii-Saiiit-Iîeriiai'd, !i novembre IST'J
Mon ciier ami. — Voire article de XEvening Post ma s(Mublé très exact et très bien écril. Aux ari;uments que vous donnez, on pourrait en ajouter un autre, et je sais par expérience qu'il est de poids. Dans les lycées les mieux tenus et où les professeurs sont très respectueux à l'endroit de la religion, les écoliers ne le sont pas; dès Tàge de dix ans, entre eux, à la promenade ou pendant la récréation, ils discutent toutes les questions théoriques et ecclésiastiques, avec beaucoup de rudesse et d'impertinence. Or, un père vraiment catholique a horreur d'exposer la foi de son fils, surtout de son fils presque enfant, à de pareilles discussions et négations; d'autant plus que l'effet en est presque infaillible, et que la plupart des gens, au sorlir du Ivcèe. ne sont plus calholiiiues et sont à peine chrétiens.
LES DEUX DERNIERS VOLIMES DE < LA HEVoI.lTKlN . «J»
Cola posé, il ost très injuste et contraire à la liherlé doconscieuco d'empêcher les parents catholiques d'avoii' des collèges à eux, composés et dirigés de manière à ce que la foi des écoliers y demeure intacte, et à Tabi-i de tout ébranlement.
J'ai lini la chute du Trône (10 aoùtj et m'arrête pour celte année. J'ai besoin de tout l'été prochain pour finir le volume; ainsi, prenez patience.
Ma réception aura lieu le 15 janvier.
A SA MEISK
noriiig(\ Monllioii-Saint-Iiornnnl, novembre 1879 .... J'espère qu'il n y aura rien de violent à Paris, cel hiver encore, mais nous descendons une pente bien dangereuse, et je ne crois pas qu'on puisse prédire la tranquillité pour l'an prochain. Le conseil municipal de Paris se pose en successeur de la Conmiuno, et pouira bien, un joui' ou l'autre, la renouveler.
100 COHRESPONDANXE
A M. ANGELO DE GL'BERNATIS ' . A FLOHENCE
Meiilliou-S;iint-15orii;ird, 11 iloceinl)rc 1879 Clier Monsieur,
(jràce à vos soins et à ceux de M. Herzen. nolie voyage s'est accompli lieureusenient. J'ai enseveli hier le pauvre corps dans le cimetière de noti'e village-, il y reposera jusqu'au printemps et alors nous le mettrons dans un tombeau de famille, que je vais élever, selon ses désirs, sur une colline voisine en vue du lac. J'espère que. si vous venez en France, pendant l'été (du comnienceujent de mai à la fin de novembre), vous vous arrêterez chez nous; vous me l'avez presque promis; et, si Mme de Gubernatis vous accompagnait, la faveur serait double. Vous vous arrêtez à Aix-les-Bains ; de là, en une heure et demie, le train vous amène à Annecy, et d'Annecy, en une demi-heure, le bateau arrive presque à notre porte. C'est un pays riant et grandiose, avec un lac bleu comme um; pervenche; même pour des yeux habitués au soave ausiero des paysages italiens, il est agréable à voir.
A Paris, nous resterons encore cet hiver dans l'ajjpartement de mon beau-père. "IS, rue Barbet-de-Jouy. En-
I. Professeur de sanscrit et de liltt-rature coinpaive à riii>titut Royal des Hautes ÉUides, rédacteur eu chef de la Miristti Eiiiopra, puis de la lievtie inlenialinualc.
'2. Mme Taiiie venait de perdre à Florence sou père, M. lleuuelle.
siiil(> je chcroliorai un logcnKMit (l;ms le voisinai^o du Ponl di's Heaux-Arls; mais vous Irouveroz loujouis mon adresse à l'inslilul, ou à l'Kcole des Heaux-Arls, ou choz mon éditeui' M. Ilaclielte. Pardon d(; toulos ces indications matérielles; mais c'est pour ne pas manquer volic visite si désirée.
Nous sommes maintenant pour toujours vos obliiiés; je n'imacfinais pas rencontrer tant de bonté, un empressement si serviable, chez des persomies que je ne connaissais que pai' correspondance. Ma femme et moi vous en sommes profondément reconnaissants, et nous vous prions de vous adresser à nous à Paris, si jamais, pour vous ou pour quelqu'un de vos amis, nous pouvons vous être de quelque service. Je ne suis point du monde officiel; la voie où de plus en plus s'enijage ma vie est celle de la retraite. Mais j'ai encore (pjclques amis, mon pauvre beau-père en avait beaucoup, et si quelqu'un des V(Mres avait besoin d'être présenté ou piloté dans Paris, je trouverais certainement les moyens de lui être utile.
Ma femme présente à Mme de Gubernatis son souvenir affectueux et bien reconnaissant, et moi, cher monsieur, je vous prie de me ci-oire tout à vous.