‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 36 sur 127 · Gœlhc en Italie, Paris · texte numérisé non relu

Gœlhc en Italie, Paris

I,KS DEUX [lEIlMEKS V(»I,(:MES DE - LA REVOLITIU.N » III

forte; celle part est trop l'orte inèiiie dans Iphlgénie, pourtant la noblesse et la pureté sont si grandes qu'on pardonne le pastiche. — Mais d'ailleurs, notamment dans Hermaun et Dorothée, le calcul et la combinaison percent trop; il n'y a d'absolument beau que ce qui est parfaitement spontané, naturel et jjersonnel ; en lisant les ouvrages classiques de Gœthe, on aperçoit toujours au fond une théorie, une esthétique ; les élégies romaines. Alexis et Dora sont délicieuses, d'une sensualité antique et d'un fini grec ; cela ressemble pourtant à un orangei' chargé de fruits ou de fleurs, et poussé à [grand renfort de terreau, de charbon et de paillassons dans une seire de Weimar.

Laissez-nous espérer, Monsieur, que ce début aura des suites, et croyez que tous les amateurs de fine et haute littérature aui'ont le même plaisir f[ue moi à suivre le développemenl certain de votre talent.

Agréez, je vous prie, etc.

A M. ERNEST DAUDET* Boi'iiiL;f, Meiitlion-Suiiil-IJeni;iiii. It min 1881

Monsieur et cher Collègue, Je vous suis très reconnaissant du cadeau que vous

I. M. Eiiu'bl Diuulel, IVèiv il'Aliiiioiibc llaiulel. lillcralciu' el

voiili'z bioii nie l'aire', et j'ai lu tout de suite votic livre que je connaissais en partie par la Revue des Deux Mondes. C'est une addition très précieuse à riiisluire de la Révolution. Beaucoup de documents dont vous vous êtes servi me sont passés sous les yeux, notamment les dossiers sur Arles, Ninies, Uzès et la Lozère. Sur un seul point, joserais vous soumettre une dilîérenee d'appréciation. A mon sens, si Ion excepte Froment de Ninies, les conspiiations royalistes ne commencent qu'à la fin de 171)1. Pour Arles, par exemple, les documents les plus authentiques, les lettres des trois commissaires médiateurs envoyés par l'Assemblée et le Roi, montrent que les Chilîonist es ou Anli-Jacol)ins étaient des Feuillants, des Constitutionnels, et non descontre-révolutionnaiies; c'était aussi le cas pour la majorité des nobles de province et des bourgeois aisés d'octobre 1791 à mars et à juin I7',tt>. — Claude Allier (p. 127) s'est fait illusion et a prêté aux autres ses propres sentiments. — Au reste, vous ne contresignez pas ses afjirmations.

Je serais très heureux si vos impressions confirmaient les miennes, et si le jugement que je porte sur le caractère, les dispositions, l'attitude des différentes classes de 178D à 171)5 pouvait s'appuyer sur vos recherches. Très peu de personnes ont pris la peine

historipu, ancien secrétaire dn corps législatil'. ancien direcleni' A\\ Joiinud Officiel, né à Nîmes en 1857.

1. il s'a-rit de l'ouvraj;e de M. Ernest Jlandet sur VUIkIoIic dc.i Conspirations royalisten: du Midi sous la Hèvolution, l'aris, 1881.

d'étudier les documents authentiques et manuscrits. Vous êtes un de ces rares explorateurs. Agréez, je vous prie, Monsieur, etc.

A M. PAUI. BOURGET'

Paris. 9-U) mai I8S1

Cher Monsieur, moi non plus je ne puis dormii-, quand j'ai causé de ces choses-là avec un homme du métier. Me voici cette nuit redescendu dans mon cahinet, ohligé de continuer notre conversation. Mais je serai court.

D'abord, j'ai lu votre article- d'aujourd'hui et voyez la différence. La pluaseque vous m'indiquiez m'a frappé, mais pas seule; il faut la prendre dans le contexte, depuis (( la voilà donc... » jusqu'à « soie noire^ ». Cela fait une figure et une physionomie charmantes (sauf un mot auquel je fais des objections, « idéalisé »). — Pourtant il y a encore une phrase que je préfère^ (2«

1. Paul Bourget. littérateur, membre de l'Académie française, né en ISô").

2. Article du Parlement reproduit dans les Profils Perdus (à la suite de Cruelle Einç/nie. édition Pion), sous le titre : Trois Souvenirs.

"». « La voilà donc assise à côté de moi, sa ligure à la Prud'hon idéalisée par l'ombre de son chapeau portée sur ses yeux, ses belles dents apparaissant sur le bord de sou sourire, sa taille fine, bien prise dans un corsage ajusté, et, sur les bras demi-nus, des mitaines de grisette en soie noire. « [Profils perdus, p. 290.)

4. « Elle avait plutôt le type des femmes d'Asie : une figure longue, des cheveux crèpelés, des yeux brûlants, et, répandue sur

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