‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 37 sur 127 · H. TAINE. — CORRESPONDANCE. IV · texte numérisé non relu

H. TAINE. — CORRESPONDANCE. IV

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alinéa) « une ligure longue » surtout à cause de deux lignes superbes et intenses, a VA, l'épandue sur tout ce visage, une expression absorbée, une sorte de torpeur ardente inquiétait l'imagination en l'attendrissant. » — Pour moi, ce trait est d'un maître, parce qu'il fait passer une âme étrangère et puissante devant les yeux. — Cela va jusqu'aux limites de notre art. et pas au-delà; au contraire la phrase que yous préférez ( « ombre portée sur les yeux ») rend son effet moins puissamment que ne le ferait la peinture, et la preuve c'est que vous citez Prudhon.

Mon principe est qu'un écrivain est un psychologue, non un peintre ou un musicien, qu'il est un transmetteur d'idées et de sentiments, non de sensations. Nos deux esthétiques différent; cela ne m'empêche pas d'estimer la vôtre à toute sa valeur qui est très haute. Le pauvre Flaubert avait fout à fait les mêmes idées que vous làdessus.

Vous m'avez fait relire aussi le dialogue de Sylla et d'Eucrate. Il est moins parfait pour moi que pour vous"; j'y trouve des passages qui rappellent Florus et Lucien, le premier trop goûté de Montesquieu. 11 y a des phrases à effet, parfois un commencement de déclamation, par exemple quand Sylla dit aux Romains : « Non. mais mourez.... »

Savez-vous un sujet neuf, original, riche en développements, très piqu;mt et infércssanf à présenter au

tout ce visaj,^^ une expression absoi-liée, une sorte de torpeur ardente inquiétait l'imagina lion en l'attendrissant. » {Ibid., p. 284.)

LES DEUX DEHNIERS VOLUMES DE a LA HÉVOLUTION » llî.

public? C'est votre esthétique au moyen d'un ou plusieurs exemples commentés et analysés, avec les motifs de votre hlânie ou de votre admiration. — Cela vous dégagera et vous adermira dans ce que vous en conserverez. J'ai fait le mèuie travail à peu près à votre âge el pour mon estliéli((n(' m moi. dans La Foiilaine el ses Fables. Remarquez (piil s'agil d'un système nouveau, que vous èlcs philosophe auLiiil ((u'arliste, que vous pouvez expliquer aul.nil que pr;ili(pier, enfin ipie Flaubert se proposait de faire un travail pareil. — Vous savez on plutôt vous ne savez pas combieuje souhaite vous voir attelé à un livre; il y a t^op de talent dans vos articles; on ne jette pas ainsi des perles dans la rue ; enfdez les voires dans un solide (il d'or. A vous cordialemenl.

A M. GASTON PARIS

Meiithon-Saint-Bornnnl, 17 iii.ii ISSl .Mon cher Paris, en partant avant la publication de mon volume ', j'ai évité beaucoup de paroles vaines et de politesses officielles: mais je me suis privé de beaucoup d'impressions vraies et de critiques sincères que j'aurais pu provoquer ou surprendre. Vous qui êtes franc et qui épargnez à vos amis les louanges convenues, voulez-

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