‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 44 sur 127 · A M. GEORGES SAIXT-RENE TAILLANDIER · texte numérisé non relu

A M. GEORGES SAIXT-RENE TAILLANDIER

Boiiiiiio. (i noùt 1881

Monsieur, sur la première question', je suis tout à fait d'accord avec vous. Il est certain que l'idée de l'Ëtat, telle qu'elle est formulée dans le Contrat social, n'a été adoptée par les hommes de 89 et de 95 que parce qu'elle était conforme à heaucoup de leurs instincts secrets.

Notre société contemporaine a des racines historiques et psychologiques. Les premières sont visihles dès Philippe le Bel ; les secondes apparaissent dès les premières œuvres de la littérature française avant Joinville. Je tâcherai de montrer cela dans mon dernier volume.

Sur la seconde question ^ je ne diffère de vous qu'en partie. Certainement, nul historien ou psychologue ne peut se flatter d'épuiser le total infini des idées, sentiments, passions, circonstances et conditions qui composent la vie d'une nation donnée à une époque donnée. Mais, dans les choses morales comme dans les choses

1. La permanence, sons l'ancien régime comme sous la Révolution, des traditions politiques françaises; centralisation administi'ative, omnipotence de l'Etat, etc.

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