‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 46 sur 127 · TAINE. — CORRESnOXIUNCR. IV · texte numérisé non relu

TAINE. — CORRESnOXIUNCR. IV

l'ÎO CUHRESPONDANCE

moi vous dire que là est notre meilleure espérance.

L'histoire commence à peine à devenir une science; nous n'en posons que les premières bases; c'est aux iiommes de votre âge à construire le bâtiment.

Croyez-moi, je vous prie, votre très obligé ef très dévoué serviteur.

A AT, F.ATILF ROUTMY

Menthon-Saint-Bernard, iO septembre 1881

Cher ami, je vous plains bien'; c'était un ami de ((uarante ans, et vous avez été pour lui plus qu'Un frère. Rappelez-vous tout le bien que vous lui avez fait, les services de tous les jours que vous kii avez l'endus, l'intérieur que vous lui avez donné, la concorde parfaite qui s'est toujours maintenue entre vous. Je sais, et par une triste expérience, que ces sortes dépensées sont les plus consolantes ou plutôt les moins affligeantes. Rien ne peut vous empêcher de souffrir beaucoup et longtemps; ensuite on se calme, on sul)it la nécessité. Les morts ne sont pas malheureux, et nous-mêmes nous irons bientôt les rejoindre. J'ai senti l'an dernier combien mon propre être n'était que fumée ; cela, joint à l'idée que j'avais fait pour ma mère tout ce qui était en mon pouvoir, a été l'opium (\u\ ne guérit pas, mais (|ui engouidit. Je vous parle ici comme à un autre moi-

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