‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 57 sur 127 · Les Essais de l'sijciiologie, l'èmiis en volume · texte numérisé non relu

Les Essais de l'sijciiologie, l'èmiis en volume

j'espère que nous l'examinerons ensemble et de plus près à Paris. Vous avez l'aii- de considérer comme de valeur •'gale, an iiioiiis à un certain point de vue, les œuvres et les esprits des époques saines. A mon sens, vos preuves sont insuffisantes, et y a là une [lacune). Que tout, physiologie, psychologie, histoire, puisse et doive être considéré au point de vue déterministe, mathématique et géométrique, cela est certain ; mais cela n'exclut pas un autre point de vue non mioIiis im|)ortant, celui oiilon compare des valeurs de même espèce, conmie plus ou moins grandes Tune que l'autre, ou comme rapportées à luiiité. Tel est le point de vue parfaitement légitime et distinct de l'esthétique, de la morale, delà politique, etc. lly a là dessciences analoguesàla portion delà géométrie dans laquelle on examine quelle est la droite la plus courte ou la courbe la plus longue, ou la surface qui enveloppe le plus de volume ; il y a là aussi des théorèmes qui ne sont point du tout annulés par les autres.

A vous, et compliments pour votie article sur Oxford '.

1. Sensations d'Oxfoid pai'uos dans la Souvellc Ilevue ni leproduites dans le 2« vol. des Éludes et Portraits. '~> vol. chez Pion.)

A >I. Al.FRKD FOCH.I.EE

.Menlhou-Saint-Beniard. 4 novembre 188"»

Je n'ai pas voulu, Monsieur, vous répondre et vous remercier, avant davoir eu le plaisir de vous lire. Je viens d'achever la Critique des Si/sli-mes de Morale^; vous êtes un terrible dialecticien, d'autant plus que vous ajoutez à l'art de raisonner l'élan, le trait, les imaf,^es. Je vous félicite de tout mon cœur, et à double titre, comme écrivain et comme philosophe.

Vous avez grand raison de dire que je n'ai indiqué mes idées sur la morale qu'en quelques traits jetés en passant, c'est beaucoup d'honneur que vous me faites d'avoir recueilli et discuté des formules esquissées il y a 28 ans et par une plume de jeune homme. Si j'avais eu le loisir nécessaire, je ne serais pas entré sur votre terrain métaphysique; il vous appartient en propre. J'aurais traité ce que vous appelez la physique de la morale, selon la méthode aufflaise, avec cette différence qu'au lieu de prendre mon point de départ connue Darwin dans les sociétés annnales, je l'ain'ais pris dans les sociétés humaines, dans l'histoire, j'aurais traité la morale comme j'ai traité l'esthétique, expérimentalement, en analysant et comprenant les principaux

1. l'Iiilosojilie fniiiçais, membre de llustiUil, ancien niaiire de conl'éiences à l'Ecole ISonnale supérienre, né à La l'oueze (Maineet-Loire), en 1858.

2. A. Fouillée, Crili<{ue des Systèmes de Morale caiileitijjorains, Paris, 188:..

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